Présidentielle et démocratie ?

Présidentielle et démocratie ?

Rien n’est plus malsain pour notre pays que l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. De cette sorte de monarchie constitutionnelle instaurée par Charles de Gaulle en 1962, l’Histoire dira probablement que tous les Présidents qui ont succédé à cette fonction, ont été des usurpateurs. Inutile d’insister sur ce qu’ont été les derniers septennats et quinquennats, sans compter celui en cours : un fiasco le plus souvent. En dehors de l’anomalie que constitue la concurrence entre deux légitimités de même niveau, celle-là et celle du Parlement dont le pouvoir est également issu du suffrage universel direct, il y a une grave distorsion politique dans le fait que peu de temps après l’élection du Président de la République, on entre en campagne pour l’élection suivante.

On le voit avec la médiatisation excessive des hommes politiques connus, ce qui obère l’arrivée de femmes et d’hommes nouveaux, et, de façon flagrante, la présence permanente de N.Sarkozy qui occupe le terrain à la moindre occasion, à coups d’annonces, pataugeant dans des réformettes d’intérêt secondaires. Rien n’est plus malsain car cette dérive entraîne, un éloignement des vrais problèmes, par exemple celui de faire le bon choix pour combattre la crise et ses conséquences sociales. L’écran de fumée est permanent. Depuis au moins une décennie, la France est gagnée par la gangrène de la médiocrité. Aidé en cela par certains nostalgiques du pouvoir qui se laissent manipuler par un Président, petit pour sa fonction, mais grand en machiavélisme.

Alors que faire ? Une des meilleures façons serait que le prochain candidat sérieux aux présidentielles s’engage solennellement à modifier la constitution pour supprimer ce mode d’élection présidentielle. Et démissionner dans les premiers mois s’il n’y arrive pas. Il faudrait de toute façon amender l’article 89 de la présente constitution qui ne permet pas au peuple ainsi méprisé, de modifier lui-même sa constitution par référendum. Cette initiative n’appartient qu’au Président de la République. On tourne en rond et l’on bafoue la démocratie, qui, chacun le sait, doit donner le pouvoir au peuple souverain et non aux oligarchies des classes dirigeantes.

Mais disent les politiques, si l’on fait un sondage, on constate qu’une majorité de la population aime bien ce type d’élection, qui effectivement semble lui donner un pouvoir souverain à cette occasion. A ceci près que, naïvement, il ne se rend pas compte, ce bon peuple, qu’il s’agit d’un plébiscite, qui peut s’avérer dangereux. De toute façon un sondage ne peut être un argument politique. Mais l’habitude prévaut, et les générations actuelles ne savent pas qu’il est possible de changer ce type d’élection. Rien n’empêcherait de revenir au système précédent de l’élection du Président de la république par le Congrès . La clarification des pouvoirs serait assurée. Il faut absolument que le peuple ouvre les yeux. Donc propagez cette idée dès maintenant, notamment par Internet. Il en va de notre République qui perd constamment ses repères, et se laisse enfoncer dans la décrépitude : voir l’expérience de la grenouille qui se laisse ébouillanter sans réagir si l’eau dans laquelle on l’a plongée est chauffée progressivement.

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