Système social

Le prélèvement à la source mis en place à compter de ce jour (1er Janvier 2019) ne fait que continuer l’œuvre systématique de privatisation des services sociaux en France.

Il faut bien comprendre que ceux-ci, mis en place pour l’essentiel en 1945 (régime général de Sécurité Sociale) et dans les années 58-60 (Assurance, Chômage), ne FONT PAS partie du “secteur public”, contrairement aux discours volontairement fallacieux répété des politiciens (de droite notamment) depuis 50 ans : bien au contraire, ils relèvent d’une logique originale puisque mis en œuvre dans une logique paritaire (salariés et employeurs, représentés par leurs syndicats), donc de type PRIVE bien que régis par des textes de LOIS PUBLICS.

Ils ont d’ailleurs été bâtis sur le modèle “bismarkien”, né en Allemagne au 19ème siècle pour préserver les ouvriers, non pas à l’origine tant dans un but humaniste mais dans un but capitaliste = préserver le Capital Humain nécessaire au Capital Industriel et Financier. L’autre modèle (Anglais) basé sur un Système Public n’a pas été retenu.

La PREMIERE manipulation du patronat et de la droite depuis 50 ans a consisté à répéter à longueur de journée que ‘LA FRANCE EST LA CHAMPIONNE DU MONDE DES DEPENSES PUBLIQUES’, quand bien même nos seuls impôts (environ 25 % du PIB) étaient du même ordre -voir fréquemment inférieurs- à ceux des autres pays occidentaux, alors qu’en y intégrant, abusivement donc, les “Dépenses Sociales Obligatoires” on approche des 45 / 48 %.

Or – comme expliqué plus haut- IL NE S’AGIT PAS POUR CES DEPENSES D’UN FINANCEMENT PAR L’IMPOT (ou par nature l n’y a PAS d’affectation des ressources aux dépenses), MAIS D’UN FINANCEMENT DU SYSTEME SOCIAL PAR PRELEVEMENT OBLIGATOIRE SPECIFIQUE POUR LE SECTEUR PRIVE, système choisi et mis en place dans un cadre démocratique et dont chaque gouvernement depuis leur création (y compris la droite, comble d’hypocrisie) loue l’existence et l’intérêt. Sur la base du système paritaire, ce système social n’est PAS financé par l’impôt mais par les ENTREPRISES ET ORGANISMES UTILISANT DES SALARIES.

La SECONDE manipulation a consisté à sournoisement faire apparaitre il y a une quinzaine d’années la part dite “patronale” de ces dépenses, payées par l’employeur, sur les bulletins de salaire, dans le but évident de tenter de démontrer les charges que ces prélèvements sociaux “obligatoires” représentent, et de véhiculer le message sous-jacent de la charge de ces systèmes sociaux, qui priveraient les salariés de consommation au profit de ‘fonctionnaires’ grassement payés pour maintenir des systèmes inefficaces (Beurk …)

Le silence des Syndicats salariés à l’époque sur cette mesure oh combien manipulatrice m’a toujours interloqué …

Aujourd’hui, en Janvier 2019, avec le “prélèvement à la source” de “l’Impôt sur le Revenu”, nous vivons la TROISIEME MANIPULATION : le principal intérêt (DE LOIN !!!) de cette mesure est de renforcer le message de surcoût des systèmes publics ET sociaux français, dans le but principal d’accélérer la privatisation de ces derniers (supposés bien plus efficaces si gérés par le privé) et de dégager du pouvoir d’achat pour une consommation privée supplémentaire.

En effet, cette mesure “fiscale” (!!!), dont la mise en œuvre est de surcroit de plus en plus confiée au secteur privé (cf GIP MDS) !!!!!!!!!!, est particulièrement INSUPPORTABLE au moment ou, bien au contraire, le besoin de RENFORCER l’évolution vers un système social REELLEMENT PUBLIC et non plus paritaire se fait criant depuis 20 ans, dans un contexte d’évolution sociétale vers un droit universel à la santé (cf évolution des règles de droit d’accès à la Sécurité Sociale depuis 10 ans), et de volonté d’abandonner les restes du systèmes “bismarkien” d’origine et de dissocier du travail le droit à la protection sociale de la population.

Il y avait d’ailleurs bien d’autre moyens -existants et possibles- de ‘lisser’ les prélèvements d’impôts sur le revenu, alors même que la base de notre système fiscal (le foyer fiscal et non le seul salarié) rend cauchemardesque, et ça n’est pas fini, sa mise en œuvre précipitée par un gouvernement avide de satisfaire aux intérêts de la Droite et du Capital.

Devant le bourbier que cela va engendrer et, espérons-le, devant a prise de conscience que ces décisions vont probablement finir par soulever, les “Gilets Jaunes” et autres organisations et partis de gauche réellement sincères ne vont pas manquer de pain sur la planche en 2019 …

 

BONNE ANNEE A TOUS !

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