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Affaire Benalla : Ismaël Emelien, dans le viseur des enquêteurs ?

Le proche conseiller d’Emmanuel Macron aurait pu réceptionner la vidéo des violences du 1er Mai après les premières révélations du « Monde », rapporte « L’Obs ».

Par LePoint.fr

Publié le 31/12/2018 à 18:11 | Le Point.fr

Ismael Emelien fait partie des collaborateurs de l'ombre du president de la Republique.

 

  1. Ismaël Emelien fait partie des collaborateurs de l’ombre du président de la République.
  2. © lodie Grgoire pour Le Point

Alors qu’Alexandre Benalla est au cœur d’une nouvelle polémique en raison de passeports diplomatiques toujours en sa possession, l’enquête sur les violences du 1er mai se poursuit. Les enquêteurs se veulent très minutieux et commencent à s’intéresser à un autre personnage de la galaxie Macron, rapporte L’Obs , lundi. Il s’agit d’Ismaël Emelien, très proche conseiller du président de la République, œuvrant souvent dans l’ombre des ors du palais présidentiel. Selon l’hebdomadaire, les policiers en charge de l’enquête cherchent à déterminer le rôle de l’Élysée dans l’affaire Benalla juste après les premières révélations du Monde. C’est dans ce cadre qu’ils s’intéresseraient à Ismaël Emelien qui pourrait, selon eux, avoir obtenu les images de la manifestation du 1er Mai montrant les violences contre les CRS dès la nuit qui a suivi les révélations du quotidien.

Selon les enquêteurs, dans la soirée du 18 au 19 juillet, Alexandre Benalla a échangé avec six individus dont les numéros de téléphone portable sont attribués à la présidence de la République, rapporte L’Obs. Et de ces six numéros, le principal interlocuteur de l’ancien chargé de mission semblait être Ismaël Emelien. Parmi ses autres correspondants, on trouve : Sibeth Ndiaye, la chargée des relations presse du palais présidentiel, François-Xavier Lauch, le chef de cabinet d’Emmanuel Macron et le général Éric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République.

Cette nuit-là, Alexandre Benalla a également pu récupérer des images de la manifestation du 1er Mai place de la Contrescarpe, à Paris. Elles lui ont été remises par des policiers de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC). Or, ce sont ces images mêmes qui ont été diffusées cette même nuit du 18 au 19 juillet, sur les réseaux sociaux, alors qu’elles n’appartiennent pas au domaine public. Sur Twitter, c’est un compte proche de La République en marche qui a diffusé la vidéo, relève L’Obs. Les enquêteurs cherchent donc à savoir comment ces images ont pu être diffusées et ont donc reconstitué l’emploi du temps d’Alexandre Benalla.

Des déclarations incohérentes

Devant les policiers ainsi que la commission d’enquête du Sénat, l’ancien chargé de mission a affirmé à plusieurs reprises qu’il était rentré chez lui après avoir obtenu ces images, images qu’il dit avoir transmises à l’Élysée le lendemain matin, à 8 heures 30, rappelle l’hebdomadaire. Le nom d’Ismaël Emelien est alors cité à plusieurs reprises. Or, les enquêteurs ont relevé une incohérence dans les affirmations d’Alexandre Benalla : le 19 juillet à 8 h 30, la géolocalisation de son téléphone montre qu’il était encore chez lui et non au palais présidentiel. Mais selon l’enquête, lorsque les policiers de la DOPC, ayant remis à l’ancien chargé de mission les images du 1er mai, ont souhaité récupérer le disque sur lequel elles étaient stockées, il leur a assuré que cela lui était impossible, car le disque avait été transmis à l’Élysée, rapporte L’Obs. Conclusion des enquêteurs : les images ont été transmises au palais présidentiel pendant la nuit. L’individu les ayant réceptionnées s’en serait alors servi sur les réseaux sociaux.

Selon les informations de l’hebdomadaire, les enquêteurs estiment qu’Ismaël Emelien est «  le plus en capacité d’avoir pu réceptionner durant la nuit le CD  ». Leurs preuves ? Le conseiller du président a échangé des messages avec Alexandre Benalla jusqu’à 2 h 30 la nuit du 18 au 19 juillet, puis à nouveau dès 5 heures du matin ; et son téléphone portable a été localisé à l’intérieur du palais présidentiel jusqu’à 2 h 30 du matin. Pour l’instant, Ismaël Emelien n’a pas été entendu par les enquêteurs. Auprès de L’Obs, il se contente d’affirmer qu’il «  [réserve] naturellement l’ensemble de [ses] déclarations à la justice  ».

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