Vidéo-réunion d’avril. Jeudi 02/05 à 20h00

Réunion par vidéo jeudi 02/05 à 20H00.

Réunions vidéo

Bonjour à toutes et tous,

Vidéo-réunion d’avril, jeudi 02 à 20h00.

Nous vous proposons deux sujets en discussion libre :

1- Les €uropéenes (vote du 26/05);

2- Notre projet : les municipales et les Assemblées Citoyennes;

3- Vos propositions.

 

La salle de réunion ouvre vers 19h45 pour régler, si nécessaire, les soucis techniques éventuels.

Voici le lien de connexion: –> vidéo-réunion.

Connectez-vous et, si vous n’avez pas déjà téléchargé le petit logiciel Zoom, suivez les instructions qui vous sont proposés.

Prenez le temps de vous inscrire sur le site de –> : “Zoom”c’est gratuit, vos noms apparaîtrons et il sera plus facile de nous reconnaître.

Je vous laisse mon N° de téléphone : 06 13 20 40 92. Vous pouvez m’appeler en cas de problème de connexion.

A jeudi soir.

Amitié militante

Patrick pour “Les Insoumis Démocrates

Fédération populaire, encore une “stratégie électorale” de JLM

La présidentielle et les carrières politiques individuelles, on s’en fout. Reprenons le pouvoir qui nous a été confisqué par la finance et les politiques de “métier”. Organisons des assemblées citoyennes locales et prenons part aux décisions communales, départementales, régionales. Rejoignez-nous afin de mettre ce concept en application en s’appuyant sur l’AEC. insoumisdemocrates.fr

“Fédération populaire” Quésako ?

Assemblée Générale annuelle du 28 mars 2019 à 20H00.

Assemblée Générale des “Insoumis Démocrates”

jeudi 28 mars à 20H00

Bonjour à vous toutes et tous,

Vous avez montré votre intérêt à notre démarche en vous inscrivant sur notre site insoumisdemocrates.fr ou en répondant à nos différents courriers.

Notre association est maintenant créée et dispose d’un compte bancaire ce qui assure notre autonomie.

Notre Assemblée Générale annuelle est une étape déterminante pour la poursuite de notre action.

Elle sera l’occasion de nous retrouver et d’élire, entre-autre, notre conseil d’administration.

Votre présence est indispensable pour créditer notre et nos actions.

Ordre du jour :

1 – Élection des nouveaux membres au Conseil d’Administration ;

2 – Fixation des montants de cotisation ;

3 – Pertinence du mot “Insoumis” dans le titre de l’association ;

4 – Groupes locaux et Assemblée citoyenne ;

5 – Notre engagement pour les municipales de 2020.

La salle de réunion ouvre vers 19h45 pour régler, si nécessaire, les soucis techniques éventuels.

Voici le lien de connexion: –> vidéo-réunion.

Connectez-vous et, si vous n’avez pas déjà téléchargé le petit logiciel Zoom, suivez les instructions qui vous sont proposés.

Prenez le temps de vous inscrire sur le site de –> : “Zoom”c’est gratuit, vos noms apparaîtrons et il sera plus facile de nous reconnaître.

Je vous laisse mon N° de téléphone : 06 13 20 40 92. Vous pouvez m’appeler en cas de problème de connexion.

A jeudi soir.

Amitié militante

Patrick pour “Les Insoumis Démocrates

Emmanuel Macron, le vertige autoritaire

Emmanuel Macron, le vertige autoritaire

Article Médiapart

 PAR 

La décision de mobiliser la troupe, samedi, pour endiguer les manifestations à Paris est sans précédent depuis les grandes grèves de 1947-48. Année après année, le mouvement social est un peu plus criminalisé et les libertés bafouées. Homme sans limites et sans mémoire, le chef de l’État franchit un nouveau pas

La mesure a été prise personnellement par Emmanuel Macron, a-t-il été souligné, puis annoncée en conseil des ministres. « Nous ne pouvons pas laisser une infime minorité violente abîmer notre pays et détériorer l’image de la France à l’étranger », a aussitôt déclaré Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. Enfin, cette décision vient clore plusieurs jours de déclarations publiques du chef de l’État et de son ministre de l’intérieur promettant la foudre aux futurs manifestants après les graves incidents de samedi dernier sur les Champs-Élysées.

Marche du siècle, 16 mars 2019. © MJMarche du siècle, 16 mars 2019. © MJ

Le pouvoir choisit donc d’organiser un face-à-face entre l’armée et le peuple. « Vous voulez de l’ordre public ? Cela implique de passer à l’offensive. On peut craindre des blessés, voire des morts », prévient un député de la majorité, cité par Le Monde. Sommes-nous encore en France ? Imagine-t-on une telle mesure et de tels propos tenus, par exemple en Italie, par le ministre d’extrême droite Matteo Salvini, par exemple en Hongrie, par le premier ministre nationaliste Viktor Orbán, par exemple en Russie, par Vladimir Poutine ? Le tollé serait immédiat.L’opération Sentinelle est un dispositif antiterroriste visant à protéger la population contre toute attaque ou attentat. Son cahier des charges est extrêmement précis et son cadre d’intervention soigneusement délimité.

Or voilà ce dispositif antiterroriste utilisé contre un mouvement social et des manifestants, sans que cela ne soulève une immense vague d’indignation. Entretemps, le pouvoir s’est efforcé de gagner la bataille du vocabulaire : les manifestants ont été appelés « factieux », « foule haineuse », « brutes », ils sont aujourd’hui des « émeutiers » qui veulent « renverser la République ».

Jamais en reste d’un coup de menton, Ségolène Royal a, en ces termes, résumé ce qui se dit et se pense dans les cercles du pouvoir : « Je me suis demandé pourquoi ça n’avait pas été fait plus tôt (…) Certes les black blocs ne sont pas des terroristes, mais ils sèment la terreur. Et donc c’est la même chose. » En 1912, Jean Jaurès décrivait cette bataille des mots « Un des procédés classiques de la bourgeoisie, c’est lorsqu’un mot a cessé de faire peur, d’en susciter un autre… Pendant une génération, la bourgeoisie a cru que, pour épouvanter le pays, il lui suffisait de dénoncer le socialisme. Puis, le pays s’est acclimaté au socialisme. Maintenant, c’est le même tour avec le mot “sabotage”. »

C’est donc gagné pour les black blocs, leur démonstration est faite. Leur stratégie de toujours est de démontrer, en organisant l’affrontement systématique avec les forces de l’ordre, que la nature profonde de tout État capitaliste est autoritaire ou dictatoriale. Nous y sommes, l’État mobilise la troupe pour endiguer et mieux réprimer un mouvement social désormais considéré comme « un ennemi intérieur », seul motif d’engagement de l’armée sur le territoire national, comme l’ont rappelé les successifs livres blancs sur la défense.

Explications de Benjamin Griveaux : « Le dispositif Sentinelle aura à sécuriser les points fixes et statiques et permettra aux forces de l’ordre de se concentrer sur les mouvements, le maintien et le rétablissement de l’ordre. » Explication complémentaire de Matignon : autant que possible, les militaires ne se retrouveront pas au contact direct des manifestants. Il ne s’agit que de libérer des effectifs de gendarmes et de policiers jusqu’alors immobilisés dans des gardes statiques (Élysée, Matignon, ministères, grandes administrations) et ne pouvant donc concourir directement au maintien de l’ordre.

Ces propos ne font que relever d’un grossier mensonge. Car les milliers de soldats mobilisés viendront bel et bien participer à un dispositif global de maintien de l’ordre. Car, rien ne peut exclure que des face-à-face armée-manifestants ne se produisent, d’autant que les parcours des manifestations de gilets jaunes ne sont jamais fixés à l’avance et tournent souvent à l’errance dans Paris.

Plus grave encore, au vu des quatre mois et demi de manifestations, rien ne peut exclure que des groupes de manifestants surchauffés, pris dans des charges policières ou des avalanches de tirs de lacrymogènes ou de LBD (black blocs, gilets jaunes ou autres), ne décident de s’en prendre à des troupes officiellement chargées de garder des bâtiments.

Et alors ? « Et qu’est-ce qui se passe après ? Les militaires tirent ? C’est un métier la police ! Quelles que soient les circonstances, l’armée ne peut et ne doit assurer aucune tâche de police », a protesté Jean-Luc Mélenchon, mercredi soir sur BFM. « Vous êtes devenus fous ! », a-t-il ajouté à l’adresse de François Bayrou. Une exclamation qui faisait écho à celle du député de centre-droit Charles de Courson quand il s’indignait de la loi anticasseurs « Mais où sommes-nous ? Réveillez-vous mes chers collègues ! C’est la dérive complète ! C’est une pure folie de voter ce texte ! On se croit revenu sous le régime de Vichy. »

Même le sénateur Bruno Retailleau, qui fait de la surenchère sécuritaire son fonds de commerce, s’interroge : « Que se passerait-il si un groupe de black blocs s’en prenait physiquement à des militaires à proximité des Champs-Élysées ? Les militaires ne sont pas formés au maintien de l’ordre. Les militaires sont formés à se battre, à faire la guerre, à répondre par les armes à ceux qui les assaillent. »

C’est également ce qu’avait dit celle qui n’a pas réagi depuis mercredi, Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État à la défense. Interrogée en décembre 2018 sur LCI, elle avait exclu toute mobilisation militaire. « Pour ce qui est de l’armée, non. Les armées n’interviennent pas dans des missions de sécurité publique intérieure. Les armées, actuellement, leur ennemi, ce sont les terroristes », disait-elle.

Autre mensonge du pouvoir, d’ailleurs démenti par la mise en scène de l’annonce présidentielle : il ne s’agirait certainement pas d’un acte politique mais d’une mesure technique. Du pragmatisme en quelque sorte pour calmer une base policière et gendarmesque épuisée par ces mois de manifestations et donner un peu de grain à moudre aux syndicats policiers…

Georges Clemenceau, Jean Jaurès et Jules Moch

Or c’est tout autre chose qu’a revendiqué, jeudi, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner. Depuis samedi, l’homme est pointé du doigt pour son incompétence, sa brutalité et son incapacité à se faire obéir par ses services. Il s’est donc placé jeudi sous le patronage de Georges Clemenceau en installant le nouveau préfet de police de Paris. « Votre modèle est Georges Clemenceau, sa main n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus », a-t-il osé déclarer en référence aux manifestations.

Lens, au cœur du bassin minier, 1906. L'armée est déployée contre les mineurs. © (dr)Lens, au cœur du bassin minier, 1906. L’armée est déployée contre les mineurs. © (dr)

Il ne s’agissait pas là du Clemenceau de la Grande Guerre, mais du Clemenceau ministre de l’intérieur. Celui qui, après la catastrophe minière de Courrières, fit donner la troupe en 1906 pour écraser dans le sang les grèves dans les charbonnages puis continua les années suivantes à réprimer dans la violence les mouvements ouvriers. Cette année-là, Jean Jaurès s’indignait dans plusieurs éditoriaux que cette violence patronale et cette répression politique délibérées produisent à la chaîne des violences ouvrières (lire ici et également ici)À Lens, un journal local écrit : « L’armée est partout et protège les bâtiments publics comme la Poste et le lycée Condorcet. » Protection des bâtiments publics : c’est ce que nous annonce le gouvernement.

Le pouvoir a ainsi choisi de s’inscrire dans cette histoire particulière de répression sanglante des mouvements sociaux. L’armée n’a jamais été appelée à intervenir dans de telles situations depuis les grandes grèves de 1947-1948. Les communistes venaient de quitter le gouvernement, la guerre froide était engagée, et le gouvernement de la jeune IVe République décida de pourchasser l’« ennemi intérieur ».

C’est un socialiste, Jules Moch, alors ministre de l’intérieur, qui envoya les troupes pour mater les mineurs. Il mobilise 60 000 CRS et soldats pour imposer aux 15 000 grévistes la reprise du travail. L’armée occupe les puits de mine. Bilan : plus de trois mille licenciements, six morts et de nombreux blessés (lire ici cette étude des Cahiers d’histoire sociale). Ce n’est qu’en 2014 que Christiane Taubira, alors ministre de la justice, a demandé l’indemnisation des familles de mineurs illégalement licenciés.

Le choix d’Emmanuel Macron n’est donc pas d’opportunité ou de pragmatisme. Il est une décision politique de durcir encore l’appareil de répression des mouvements sociaux pour mieux s’afficher comme le tenant du parti de l’ordre. Jusqu’alors, le pouvoir avait généralisé des dispositifs testés dans les quartiers populaires, à l’occasion des émeutes de 2005, puis développés sous Nicolas Sarkozy (réforme des retraites) et François Hollande (loi travail El Khomri).

Christophe Castaner et la ministre de la justice Nicole Belloubet ont ensuite donné de nouvelles armes au système répressif : usage systématique des LBD (lanceurs de balles de défense), intervention des groupes policiers des BAC – non formés au maintien de l’ordre –, gardes à vue massives et souvent illégales, interpellations préventives, etc. Le recours à la troupe s’inscrit dans cette surenchère de violences voulues et provoquées par le pouvoir.

Cette escalade s’accompagne d’une agressivité grandissante du ministre et du premier ministre. La plupart de leurs déclarations, depuis samedi, visent à préparer l’opinion à l’accident, c’est-à-dire à un ou des morts. « Si nous avons une stratégie qui permet aux forces de l’ordre d’être plus mobiles, d’être plus dynamiques, d’être plus fermes, il y a plus de risques » d’accidents, a assumé, lundi soir sur France 2, le premier ministre Édouard Philippe. Là où l’obsession de tous les gouvernements, depuis au moins 1968, a été d’éviter des blessés graves ou des morts, le pouvoir actuel n’en fait plus sa priorité.

Et cela pose directement la question du président de la République. Emmanuel Macron n’a cessé, depuis novembre, d’assumer et de demander un renforcement des moyens de répression. On sait le bilan : des milliers de blessés, une femme âgée tuée à Marseille par une grenade, 22 personnes éborgnées, cinq personnes ayant eu une main arrachée : lire ici notre bilan complet effectué par David Dufresne.

Qu’a répondu la semaine dernière encore Emmanuel Macron ? « Répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. » L’économiste et philosophe Frédéric Lordon lui a répondu en ces termes : « Mais M. Macron, vous êtes irréparable. Comment dire : dans un État de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses qui sont inacceptables. À une morte, 22 éborgnés et 5 mains arrachées, vous vous repoudrez la perruque et vous nous dites : “Je n’aime pas le terme répression, parce qu’il ne correspond pas à la réalité”. La question – mais quasi psychiatrique – qui s’ensuit, c’est de savoir dans quelle réalité au juste vous demeurez » (lire ici dans Le Club l’intégralité de sa réponse).

Ce n’est pas qu’une question rhétorique. C’est désormais l’interrogation qui pèse sur cette présidence saisie de vertige autoritaire et d’auto-contemplation. « Autoritaire : qui use de toute l’autorité qu’il possède sans s’imposer de limite », dit le Larousse. Et n’est-il pas véritablement sans limites, Emmanuel Macron, dans son usage des institutions, sa gestion des corps intermédiaires et de l’opinion ?

Quel est donc ce président qui, après avoir moqué « Jojo le gilet jaune » lors d’un premier débat avec les élus, s’égare dans une logorrhée verbale que plus personne n’écoute ? Quel est ce président qui veut vendre à l’opinion comme un exploit sportif et politique le fait de parler huit heures et dix minutes avec des intellectuels qu’il rabroue ou n’écoute pas ?

L’affaire Benalla, débutée le 1er Mai dernier et révélée en juillet, a spectaculairement dévoilé les dérèglements d’une présidence faisant fi de toutes règles, l’autoritarisme du chef prenant le relais de sa force de conviction quand celle-ci venait à défaillir. Le résultat est que l’Élysée est aujourd’hui un château fantôme où les personnages clés sont partis, ont été congédiés ou sont aujourd’hui inquiétés par la justice.

La crise politique n’a cessé de s’aggraver depuis cette affaire qui a aussi désorganisé l’appareil d’État (la préfecture de police de Paris en particulier). Faute de réponse politique susceptible d’entraîner ou à tout le moins de calmer le pays, il ne reste au chef de l’État que cette fuite en avant dans un autoritarisme porteur de nouveaux drames et de nouvelles crises.

Réunion importante jeudi 21 mars 2019 : préparation de notre Assemblée Générale annuelle.

Jeudi 21 mars à 20h00, réunion importante afin de préparer notre “Assemblée Générale” annuelle avec notamment :

– Son ordre du jour;

– Fixation du montant des cotisations;

– Élections des nouveaux membres au Conseil d’Administration;

– Changement éventuel du nom de l’association;

– Vos propositions.

Pour nous rejoindre, inscrivez-vous sur le site “Les Insoumis Démocrates”, rendez-vous à  la rubrique “Les vidéo-réunions” et suivez les instructions de connexion.

Un nouveau groupe politique est né : le “Centre Gauche Libéral”. 😂

 

En plus de Aurore Lalucq (porte parole de B. Hamon) , Nouvelle Donne et Pierre Larrouturou rejoignent Glucksmann et le PS. 

Lien vers l’article de “Libération”

Européennes.Nouvelle Donne, le parti fondé par l’économiste Pierre Larrouturou, et Aurore Lalucq, une des porte-parole de Génération-s, ont annoncé lundi leur ralliement à la liste que conduira Raphaël Glucksmann pour les européennes, avec le soutien du PS. «Je m’engage, avec Anne Hessel et les militants de Nouvelle Donne, dans cette campagne», a déclaré Larrouturou à l’AFP lundi soir.

L’économiste, qui a adhéré et quitté trois fois le PS, a créé Nouvelle Donne en 2013, après l’échec de la motion qu’il avait portée avec Stéphane Hessel (père d’Anne) au Congrès de Toulouse du PS en 2012. Le parti a obtenu 3% des voix aux élections européennes de 2014.

Depuis décembre 2017, Larrouturou fait avec le climatalogue Jean Jouzel la promotion du «Pacte finance-climat», qui propose notamment de «créer un vrai budget climat au niveau européen, doté de 100 milliards d’euros chaque année». Le texte a obtenu le soutien de très nombreuses personnalités dont l’ancien maire de Bordeaux Alain Juppé ou le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Selon des sources socialistes, Larrouturou pourrait se voir attribuer la cinquième place sur la liste tirée par Glucksmann.

Le nouveau PS, quitte à se reconstruire, devrait changer de nom et s’appeler le PSL “Parti Social libéral”.

Avec la nomination de Raphël Glucksmann comme tête de liste aux Européennes, le PS confirme son orientation libérale déjà assez prononcée.

Faites-vous votre opinion.

Parcours politique de Raphaël Glucksmann :

En 2006, il est investi pour être candidat aux élections législatives de 2007 par Alternative libérale, parti fondé par Édouard Fillias à la suite des mouvements anti-grève initiés à l’occasion de la réforme des retraites portée par François Fillon. Raphaël Glucksmann justifie son engagement pour ce parti en ce qu’il a « toujours été séduit par la philosophie libérale ».

En 2008, il aurait été l’« admirateur » de Nicolas Sarkozy, selon le journaliste Pierre Rimbert. Cependant, en 2015, il estime que le soutien apporté en 2007 par son père à Nicolas Sarkozy était une erreur.

En 2015, il est présenté par M, le magazine du Monde comme étant à l’origine un « athée en politique »29 ayant évolué de plus en plus à gauche « par dépit », Nicolas Sarkozy ayant « quitté le champ de l’acceptabilité républicaine. »

Il vote pour Benoît Hamon au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, après avoir participé à la rédaction de son discours pour le meeting de Bercy. Au second tour, il apporte son soutien à Emmanuel Macron, tout en regrettant sa « philosophie individualiste ». Il se dit toutefois « fier » de son élection.

Fin octobre 2018, il participe à la fondation de Place publique, un mouvement politique « citoyen, écologiste et solidaire », avec Claire NouvianThomas Porcher et d’autres personnalités du monde associatif et politique. Le mouvement est organisé autour de quatre urgences : urgence écologique, urgence sociale, urgence démocratique et urgence européenne. Il quitte France Inter début décembre 2018 pour se consacrer à ce parti politique.

Le 20 janvier 2019, il organise à l’Élysée Montmartre le premier meeting du parti ; près d’un millier de personnes y participent35. Il y renouvelle sa volonté d’unifier la gauche en vue des élections européennes. Après des mois de négociations, il est annoncé en mars 2019 à la tête d’une liste alliant Place publique et le Parti socialiste en vue des élections européennes en France39.

Toulouse-Blagnac: la justice à l’assaut de la privatisation Macron

Lien article Médiapart.

Toulouse-Blagnac: la justice à l’assaut de la privatisation Macron

 PAR 

Voulue par Emmanuel Macron en 2014, la privatisation de l’aéroport de Blagnac tourne au fiasco. Devant la cour administrative d’appel, le rapporteur public demande son annulation. Le tribunal de commerce est saisi d’une demande de placement sous séquestre des titres de l’acquéreur chinois.

La privatisation de la société de gestion de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), qui s’est engluée dans des scandales à répétition depuis son lancement en 2014 par Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, tourne désormais au fiasco judiciaire. À preuve, elle est désormais menacée par deux procédures différentes.

Dans le cadre d’une première procédure, le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Paris vient ainsi de se prononcer en faveur de l’annulation pure et simple de cette privatisation. Ce qui serait sans précédent et constituerait un camouflet gravissime pour le chef de l’État, principal organisateur de cette opération très controversée.

Et dans le cadre d’une seconde procédure, le tribunal de commerce de Toulouse est saisi d’une demande de placement sous séquestre des titres acquis auprès de l’État par l’investisseur chinois, le groupe Casil.

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La première procédure a été initiée par les syndicats SUD, FSU, CGT de la ville, qui sont membres d’un Collectif unitaire contre la privatisation de la gestion de l’aéroport de Toulouse Blagnac, lequel réunit également des organisations associatives, soit les 18 comités des quartiers survolés de la ville de Toulouse et de sa périphérie, mais aussi des organisations politiques et des élus. Représentant les trois syndicats, Me Christophe Lèguevaques a déposé un recours devant le tribunal administratif, faisant valoir que le cahier des charges de la privatisation n’avait pas été respecté par le groupe chinois Casil.

Or, après un premier jugement devant cette juridiction, qui a débouté les demandeurs, l’affaire est arrivée devant la cour administrative d’appel de Paris. Et l’audience qui lui a été consacrée lundi 11 mars a réservé une très grande surprise : le rapporteur public a estimé que le recours était fondé et a recommandé l’annulation de la privatisation.

Le rapport du rapporteur public n’est pas accessible, mais son résumé apparaît dans un document connu sous l’expression « sens des conclusions ». Or, ce dernier document (voir ci-dessous) est sans ambiguïté : « Les requérants sont fondés à soutenir que c’est à tort que le tribunal n’a pas annulé la décision litigieuse en retenant le moyen tiré de la méconnaissance du cahier des charges du fait du changement des candidatures en cours de procédure. »

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Un peu sibylline, cette formule sur le « changement de candidatures » mérite d’être décryptée, car elle est au cœur du premier scandale de cette privatisation. À l’époque, quand la procédure de privatisation avait été lancée, fin 2014, nous avions révélé l’opacité du consortium candidat au rachat, regroupant l’investisseur chinois Casil et un groupe canadien, SNC-Lavalin Inc., lequel consortium était dénommé Symbiose.

Dans le cas du groupe chinois, nous avions ainsi révélé (lire icique cette société Casil Europe, immatriculée en France, était détenue par Shandong High Speed Group et le fonds d’investissement Friedman Pacific Asset Management. Cette dernière société s’imbriquait dans un groupe très opaque, détenu par un oligarque chinois dénommé Poon Ho Man et son épouse Christina, et dont la holding de tête se dénomme Capella Capital Limited, une holding immatriculée aux îles Vierges britanniques.Cette holding de tête a pour filiale à 100 % une société dénommée Friedmann Pacific Investiment Holdings Limited, dont le pays d’immatriculation est inconnu : cette dernière société aurait elle-même une filiale dénommée Friedmann Pacific Asset Management Limited, immatriculée également aux îles Vierges britanniques. Nous racontions dans cette même enquête que cette société avait elle-même une autre filiale dénommée China Aircraft Leasing Groups Holdings Limited, implantée aux îles Caïmans.

Quant à l’allié canadien, SNC-Lavalin Inc., nous avions aussi fait des révélations passablement sulfureuses. Il suffit, écrivions-nous, d’aller sur le site internet de la Banque mondiale pour y apprendre que la banque lui a imposé la plus grave sanction jamais prononcée dans l’histoire de l’institution pour des faits graves de corruption.

Sous le titre « La Banque mondiale radie SNC-Lavalin Inc. et ses filiales pour dix ans » et le sous-titre « la plus longue période d’exclusion jamais fixée dans un règlement de la Banque mondiale », voici ce que l’on peut lire dans un communiqué en date du 17 avril 2013 : « Le Groupe de la Banque mondiale annonce ce jour la radiation de SNC-Lavalin Inc. – en plus de ses 100 filiales – pour une période de 10 ans, suite à une faute professionnelle commise par cette société dans le cadre du Projet de construction du pont multifonctionnel du fleuve Padma et d’un autre projet financé par la Banque. SNC-Lavalin Inc. est une filiale du Groupe SNC-Lavalin, une société canadienne dont elle représente plus de 60 % des opérations. Cette radiation s’inscrit dans le cadre d’un Accord de règlement négocié entre la Banque mondiale et le Groupe SNC-Lavalin, à l’issue d’une enquête menée par la Banque mondiale sur des allégations de complot de corruption impliquant SNC-Lavalin Inc. et des fonctionnaires au Bangladesh. » La même société aurait aussi été mise en cause pour un scandale de corruption en Syrie.

C’est donc une privatisation hautement dangereuse que le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a appuyé à l’époque. Face à la véhémence des polémiques, le groupe chinois a-t-il donc préféré se séparer de son allié canadien, qui ne remplissait pas les critères d’honorabilité requis et faire seul son offre de reprise des titres de l’État ?

C’est évidemment cela qui a joué, car la circulaire du 14 février 2012 relative au Guide de bonnes pratiques en matière de marchés publics interdit à une entreprise qui a subi une telle sanction de pouvoir procéder à un appel d’offres public en France. C’est donc cela le motif principal qui motive l’avis du rapporteur public : Casil s’est séparé de son allié en cours de procédure de privatisation et a été en définitive le seul acquéreur des titres de l’État, alors qu’au début de la procédure SNC-Lavalin faisait partie du clan acquéreur. Or, le cahier des charges de la privatisation interdisait un tel changement pendant ce laps de temps.

Dans son recours, Me Christophe Lèguevaques a avancé de nombreux autres arguments. Il a ainsi fait valoir que, du fait de leur implantation dans les îles Vierges Britanniques et à Hong Kong, « paradis fiscaux au sens de l’OCDE et de la réglementation sociales », les deux investisseurs chinois du consortium Symbiose disposaient d’un « avantage anti-compétitif qui fausse l’analyse économique de leur offre et viole le principe d’égalité entre les candidats ».

Avec l’appui de la banque Lazard

Le rapporteur public a donc fait sensation en recommandant l’annulation de la privatisation. Car, désormais, il apparaît possible que la cour administrative d’appel se range à son avis et rende un arrêt d’ici environ deux semaines qui annule la privatisation.

La seconde procédure lancée par le même avocat, pour le compte des syndicats SUD et FSU de Toulouse, vise à obtenir le placement sous séquestre des titres détenus par le groupe chinois. Les raisons de cette demande sont faciles à comprendre. Après avoir pioché allègrement dans les réserves financières de la société, en se servant des dividendes colossaux, l’investisseur chinois, qui est épaulé par la banque Lazard, dirigée par Matthieu Pigasse, par ailleurs copropriétaire du Monde (lire ici et ), le groupe Casil envisage de faire une formidable culbute : il souhaite céder pour 500 millions d’euros les 49,9 % des titres qu’il a achetés à l’État lors de la privatisation pour un montant… de 308 millions d’euros ! Et des rumeurs insistantes suggèrent que pour échapper à l’impôt, la cession pourrait passer par Hong Kong, au travers d’une structure de tête qui contrôle Casil.

C’est le président du directoire de la Caisse d’épargne Midi-Pyrénées, Pierre Carli, qui a vendu la mèche, en expliquant à La Tribune les raisons pour lesquelles sa banque se retirait du consortium formé avec Ardian (ex-Axa Private Equity) et le fonds Mirova de Natixis, et ne souhaitait donc plus faire une offre pour le rachat des parts de Casil. « À ma connaissance, nous sommes quatre en lice : Vinci, Eiffage, notre groupement, ainsi que EDF Invest », a-t-il d’abord indiqué au site internet, avant d’expliquer les raisons du retrait de la caisse régionale des Caisses d’épargne : « Nous ne voulons pas échapper à l’impôt sur les plus-values. »

Le sous-entendu est transparent et La Tribune le décrypte sans la moindre difficulté : « Pour rappel, la société des actionnaires chinois Casil Europe dispose d’un siège à Paris mais, via un montage complexe, elle est détenue par une autre société basée à Hong Kong, appartenant à la liste grise des paradis fiscaux. En cas de cession des titres de Casil Europe, l’opération échapperait ainsi à la fiscalité française. »

Du même coup, on comprend mieux l’initiative des syndicats qui souhaitent le placement sous séquestre des titres de Casil : il s’agirait d’une mesure conservatoire, pour préserver les intérêts publics dans l’hypothèse d’une annulation de la privatisation.

Voici donc l’assignation déposée par Me Christophe Lèguevaques au nom des trois syndicats :

Dans cette assignation, les requérants font donc valoir que si une annulation de la privatisation était décidée par la justice, cela « entraînerait l’obligation pour Casil Europe de restituer plus de 30 millions de dividendes perçus […] depuis la cession ».

Ce mercredi matin, l’affaire a donc été plaidée devant le tribunal de commerce de Toulouse. L’avocat des trois syndicats a défendu son assignation, tandis que les conseils de Casil se sont bornés à contester l’intérêt à agir des requérants. À la fin des débats, le tribunal a mis son jugement en délibéré au vendredi 22 mars.

D’ici la fin du mois, on devrait donc disposer des deux décisions de justice. Et il coule de source que si la privatisation était annulée, le séisme serait immense, aussi bien au plan économique qu’au plan politique, car il s’agirait d’une grande première en France : jamais une privatisation n’avait jusque-là été annulée. Cette privatisation est d’ailleurs très sévèrement critiquée par un rapport récent de la Cour des comptes.

Mensonge autour du pacte d’actionnaire

Économiquement, comment les choses devraient-elles donc se dérouler ? L’État restituerait-il les 308 millions d’euros au groupe chinois, majorés du taux d’intérêt légal, s’estimant ainsi de nouveau propriétaire des 49,9 % des parts de l’aéroport de Toulouse-Blagnac ?

Mais le groupe Casil, qui est désormais contrôlé par une structure dénommée Sino Smart Inc Ltd, immatriculée effectivement à Hong Kong, et qui souhaite vendre ses parts pour 500 millions d’euros, se laissera-t-il faire ? Et si le tribunal de commerce ne décide pas la mise sous séquestre de ces titres, le groupe chinois acceptera-t-il de restituer les 30 millions d’euros de dividendes qu’il aurait alors indûment perçus mais qui se sont sans doute évaporés vers des cieux fiscaux plus cléments ?

Question incidente : comme l’implantation dans des paradis fiscaux des holdings de tête de Casil était connue dès l’origine, ne faudrait-il pas alors envisager des suites pénales contre l’irresponsable initiateur de la privatisation, sur le grief par exemple de « négligence » – grief maintenant bien connu puisqu’il a valu des poursuites à Christine Lagarde devant la Cour de justice de la République dans l’affaire Tapie ?

Tout cela fait beaucoup de questions, mais comme l’initiateur de cette privatisation n’est autre qu’Emmanuel Macron, on a tôt fait de comprendre que le séisme économique pourrait se doubler d’un séisme politique. Car cette privatisation, c’est en effet lui qui l’a pilotée de bout en bout. Pour la mettre en œuvre malgré les polémiques qu’elle suscitait, il a même proféré un mensonge public qui, en d’autres démocraties plus respectueuses de l’éthique, aurait pu mettre fin à sa carrière politique.

Que l’on se souvienne des débuts de toute l’histoire (lire ici! À la fin de l’année 2014, Emmanuel Macron décide donc que l’État cédera à la société Casil, contrôlée par des investisseurs chinois emmenés par Mike Poon, 49,9 % de la SATB. Et à l’époque, il fustige ceux qui dénoncent cette privatisation (dont Mediapart), en faisant valoir que cela… n’en est pas une !

En clair, l’opinion est invitée à comprendre qu’avec leurs 49,9 %, les investisseurs chinois seront des actionnaires importants mais minoritaires ; et que la société restera contrôlée en majorité par des actionnaires publics français, soit 25 % pour la chambre de commerce et d’industrie (CCI), 5 % pour la région Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, 5 % pour le département de la Haute-Garonne et 5 % pour Toulouse Métropole ; le solde, soit 10,1 %, étant détenu par l’État français.

Cette promesse-là, Emmanuel Macron la répète en boucle. Ainsi lors d’un entretien avec La Dépêche, le 4 décembre 2014 : « Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’une privatisation mais bien d’une ouverture de capital dans laquelle les collectivités locales et l’État restent majoritaires avec 50,01 % du capital. On ne vend pas l’aéroport, on ne vend pas les pistes ni les bâtiments, qui restent propriété de l’État. […] Nous avons cédé cette participation pour un montant de 308 millions d’euros », dit le ministre de l’économie.

Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron hausse même le ton, en marge du congrès de l’Union nationale des professions libérales : « Celles et ceux que j’ai pu entendre, qui s’indignent de cette cession minoritaire de la société de gestion de l’aéroport de Toulouse, ont pour profession d’une part d’invectiver le gouvernement et d’autre part d’inquiéter les Français. »

Mais peu après, Mediapart apporte la preuve qu’Emmanuel Macron ment. Notre enquête a révélé qu’un pacte secret d’actionnaires avait été conclu et qu’il liait l’État non pas aux collectivités publiques régionales et locales, mais aux investisseurs chinois. Nous avons publié les principaux extraits de ce pacte d’actionnaires que l’État avait conclu secrètement avec la société Casil (lire ici et ) et qui fait apparaître des dispositions stupéfiantes.

Ainsi, il est prévu que la SATB sera supervisée par un conseil de surveillance de quinze membres, dont deux désignés par l’État et six désignés par l’investisseur chinois, selon la disposition « 2.1.2 » du pacte. Autrement dit, ces huit membres du conseil de surveillance, liés par le pacte, garantissent aux investisseurs chinois minoritaires de faire strictement ce qu’ils veulent et d’être majoritaires au conseil de surveillance.

Le point « 2.1.3 » du pacte consolide cette garantie offerte aux investisseurs chinois, puisqu’il y est précisé que « l’État s’engage à voter en faveur des candidats à la fonction de membres du conseil de surveillance présentés par l’Acquéreur, de telle sorte que l’Acquéreur dispose de six (6) représentants au Conseil de surveillance ».

Mais il y a plus grave. Au point « 2.2.2 », l’État donne la garantie quasi formelle à l’investisseur chinois, aussi minoritaire qu’il soit, qu’il pourra décider strictement de ce qu’il veut et que la puissance publique française ne se mettra jamais en travers de ses visées ou de ses projets : « L’État s’engage d’ores et déjà à ne pas faire obstacle à l’adoption des décisions prises en conformité avec le projet industriel tel que développé par l’Acquéreur dans son Offre et notamment les investissements et budgets conformes avec les lignes directrices de cette Offre. » Bref, les investisseurs chinois avaient carte blanche pour faire ce qu’ils voulaient.

Pour mémoire, voici quelques extraits du pacte révélé par Mediapart :

Un combat citoyen exemplaire

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Et depuis cette révélation par Mediapart, le ministère des finances a continué de garder le secret sur ce pacte et ne l’a jamais rendu public dans sa version intégrale.Pis que cela ! Les représentants de l’État ont, comme prévu, voté toutes ces années au conseil d’administration de l’aéroport toutes les dispositions prévues par l’actionnaire chinois, y compris les plus choquantes, comme le versement des dividendes.

Le Collectif unitaire qui s’est constitué à Toulouse mène donc dans la ville et la région un combat politique et judiciaire contre cette privatisation qui reçoit un très large écho (ci-contre son dernier communiqué).

Pendant plus de quatre ans, le collectif a multiplié les initiatives (ci-dessous une vidéo relatant une réunion publique début 2015, à laquelle avait été invité l’auteur de ces lignes) pour dénoncer cette privatisation et parvenir à défendre les intérêts économiques, sociaux et environnementaux des citoyens de la région.

N’ignorant rien dès l’origine des implantations de Casil dans des paradis fiscaux, Emmanuel Macron n’en a pas moins décidé, en personne et en mentant publiquement pour que cela ne se sache pas, de confier à ce groupe chinois les clefs d’une entreprise publique stratégique pour toute la région, sans même que Casil ait à débourser le prix équivalent à un contrôle majoritaire. Le chef de l’État endosse donc aujourd’hui l’entière responsabilité de cette débâcle sans précédent.

Theresa May négocie un délai pour mieux faire adopter son projet de Brexit

Lien article Médiapart

Theresa May négocie un délai pour mieux faire adopter son projet de Brexit

 PAR 

Une majorité de députés s’est prononcée jeudi pour demander aux Européens un report de la date butoir du Brexit, épilogue de trois jours de chaos politique à Westminster. À deux semaines de la date officielle, il est toujours impossible de savoir si le Brexit aura bien lieu, et sous quelles modalités.

La semaine était partout annoncée comme décisive pour l’avenir du Brexit. Elle a surtout accru, encore un peu plus, le chaos politique à Londres, alors que les députés semblent toujours aussi incapables de se mettre d’accord sur la manière d’appliquer le résultat du référendum de juin 2016.

1 – Les trois votes de la semaine
Mardi, les députés ont rejeté à 391 voix (292 étant pour) le projet d’accord de sortie de l’UE négocié par Theresa May à Bruxelles. C’est un nouveau revers encaissé par la cheffe du gouvernement, après l’affront de janvier (rejet à 432 voix, 202 étant pour, mi-janvier), sur un texte à peine remanié.

Mercredi, les mêmes députés se sont prononcés contre une sortie de l’UE sans accord (un « no deal » aux conséquences impossibles à prévoir), avec une majorité contre bien plus serrée : 312 pour, 308 contre. Ce vote est symbolique, comme a ironisé un diplomate de l’UE : « C’est comme si le Titanic votait pour le déplacement de l’iceberg face à lui. »

Troisième acte, ce jeudi : ils ont voté pour un report du Brexit au 30 juin, proposé par May, à une très large majorité (413 contre 202). En théorie, le Brexit devait avoir lieu le 29 mars 2019, deux ans jour pour jour après le déclenchement par Londres de l’article 50 des traités, qui prévoit la sortie d’un pays de l’UE. Dans l’esprit de May, ces trois mois de répit, qui doivent encore être acceptés par les 27, pourraient l’aider à faire adopter son plan.

2 – Le nouvel ultimatum de May
Theresa May, en sursis depuis des mois, humiliée par son propre camp à plusieurs reprises, refuse de s’avouer vaincue. La soirée de jeudi l’a aidée à reprendre un semblant de contrôle sur la vie politique britannique.

La première ministre propose de soumettre au vote, mardi prochain, son projet d’accord, une troisième fois. Il n’y aurait plus, dans la tête de Theresa May, que deux options : soit son accord est accepté – et le Brexit a lieu le 29 mars ou d’ici au 30 juin –, soit les négociations sont repoussées au-delà du 30 juin, à une date plus lointaine qui rendrait le Brexit hypothétique. En clair : ce sera son accord, ou pas de Brexit du tout.

May continue de penser qu’il est possible de rallier, au dernier moment, la frange la plus bruyante des Tories, les partisans conservateurs d’un « no deal » rassemblés dans le European Research Group (ERG, où l’on trouve l’ancien maire de Londres Boris Johnson et Jacob Rees-Mogg, qui veulent tous deux la place de May).

Entre le vote de janvier, et celui de mardi, elle a réussi à rallier 39 conservateurs pro-Brexit, dont l’ancien secrétaire au Brexit David Davis. Les alliés nord-irlandais du DUP se montrent un peu plus flexibles depuis quelques jours, sur la question de la frontière irlandaise.

Il faut encore que May trouve 80 voix pour une majorité. D’où son changement de rhétorique. Depuis mercredi soir, l’alternative n’est plus : l’accord de Theresa May ou un « no deal » aux conséquences impossibles à prévoir, mais bien l’accord de May, ou la fin du Brexit tout entier…

Theresa May le 14 mars 2019 à Londres. © Reuters / Peter NichollsTheresa May le 14 mars 2019 à Londres. © Reuters / Peter Nicholls

3 – Des Tories chaque jour plus divisés
Les démissions de quelques députés, du côté du Labour (travailliste) comme des Tories(conservateurs), l’ont rappelé le mois dernier : le Brexit met à l’épreuve l’unité des deux principales formations politiques britanniques. À droite, la bataille entre les troupes tories fidèles à l’accord de May et les partisans d’un « no deal » a scandé les débats à Westminster depuis le début des négociations.

Une autre ligne de fracture est apparue mercredi soir au grand jour : quatre membres du gouvernement, dont la secrétaire d’État au travail Amber Rudd, inquiets d’un « no deal » au 29 mars, se sont désolidarisés des consignes de vote de leur propre exécutif. Ils se sont abstenus sur l’amendement excluant un « no deal », quand May appelait à voter contre. Plusieurs journaux britanniques, dont The Independent et The Times, titraient jeudi sur « la dislocation » (meltdown) de l’exécutif.Jeudi soir, les choses ne se sont pas arrangées, puisque pas moins de huit membres du gouvernement, dont le secrétaire d’État au Brexit Steve Barclay, ont voté contre la proposition d’un report au 30 juin de la date du Brexit, à l’encontre des consignes de May. En tout, plus de la moitié des députés conservateurs a voté contre l’avis de la première ministre.

4 – Pas de majorité pour un deuxième référendum

Le groupe indépendant, constitué des députés démissionnaires du Labour et des Tories, a déposé jeudi soir un amendement portant sur la tenue d’un deuxième référendum sur l’appartenance à l’UE, pour sortir du chaos politique actuel. Il a été très sèchement écarté (334 votes contre, 85 pour).

Le Labour de Jeremy Corbyn s’est retrouvé pris dans ses contradictions, appelant ses troupes à s’abstenir sur le sujet, alors même qu’il avait adouci un peu ses positions vis-à-vis d’une nouvelle consultation fin février. Si la majorité du groupe travailliste s’est abstenue, suivant la consigne officielle du parti, ils sont 24 députés Labour à avoir voté pour la consultation, et 17 autres à s’y être opposés. Preuve, là encore, de la fragmentation des grands partis politiques face au Brexit.

5 – Le report, mode d’emploi

Même si la majorité des députés est désormais favorable au report, il reste à Theresa May de le demander formellement aux Européens. Et aux 27 chefs d’État et de gouvernement de l’accepter. Ce sera sans doute l’enjeu principal d’un sommet européen, organisé jeudi 21 mars à Bruxelles – sauf adoption de l’accord de Theresa May d’ici là.

À l’origine totalement taboue à Bruxelles, l’option d’une extension est désormais sur la table. Même si toutes les capitales ne l’abordent pas de la même façon. À la tête du conseil européen, Donald Tusk juge qu’un délai supplémentaire serait une solution « rationnelle ». Il est celui des dirigeants européens le plus ouvert à une prolongation, et propose même une « extension longue » des discussions, au-delà du 30 juin, dès le sommet de la semaine prochaine.

Selon des sources diplomatiques, Angela Merkel, la chancelière allemande, est à peu près sur la même ligne, jugeant qu’un report d’ici au 30 juin serait une chose « facile ». Mais d’autres sont plus sceptiques. « Une extension, pour quoi faire ? Nous avons le traité, il est là », a lancé Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour les Européens, au parlement de Strasbourg mercredi. « Lorsque Theresa May va venir nous demander une prolongation des discussions, nous lui répondrons : pour quoi faire ? Dans quel but ? », a renchéri jeudi le premier ministre néerlandais, Mark Rutte.

Quant à l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, aujourd’hui eurodéputé et responsable du dossier Brexit pour l’hémicycle, il s’oppose vigoureusement à un report au-delà du 30 juin : « Hors de question », puisque le parlement européen sorti des élections de fin mai se réunira, pour la première fois, le 2 juillet. Il faudrait donc, en cas de report au-delà du 30 juin, que les Britanniques participent au scrutin européen. Le Belge n’est pas fermé à une extension plus modeste, à condition qu’elle repose « sur une majorité claire des députés en faveur de quelque chose ». Il est vrai qu’à ce stade, les députés se sont surtout illustrés, ces derniers mois, par des votes de rejet sur le Brexit, s’opposant à la quasi-totalité des propositions mises au vote.

Des policiers témoignent: «On est obligé d’accepter des instructions illégales»

Lien de l’article : Médiapart

Des policiers témoignent: «On est obligé d’accepter des instructions illégales»

 PAR 

Les officiers de police judiciaire d’un commissariat parisien dénoncent les « instructions illégales » de leur hiérarchie, en particulier lors des manifestations des « gilets jaunes ». Dans un mail que Mediapart a pu consulter, il est écrit que, sur ordre de la préfecture de police de Paris, les personnes interpellées doivent être systématiquement placées en garde à vue.

Six officiers de police judiciaire (OPJ), soit la totalité du service de leur commissariat parisien, ont, en février et pendant plus d’un mois, interrompu leur activité pour protester contre les instructions « liberticides » que leur imposait leur hiérarchie, notamment lors des manifestations des « gilets jaunes ». Ils se sont mis, en alternance et parfois à tour de rôle, en arrêt de travail – certains le sont encore aujourd’hui.

Jusqu’à présent, les consignes étaient données oralement. Mais un mail daté du samedi 9 mars 2019 émanant de l’état-major du district de l’est parisien, le plus important de la capitale, stipule, suivant les indications de la préfecture de police de Paris, qu’après « les éventuelles interpellations “GJ” qui [leur] seront attribuées par l’EM [l’état-major][…] [les personnes] devront être systématiquement placées en GAV [garde à vue] ».

Sylvain* (voir notre Boîte noire), 38 ans, OPJ dans l’est parisien, explique : « Nous sommes réquisitionnés comme commissariat de délestage pendant les week-ends afin de traiter les interpellations des gilets jaunes. »

Son service, la brigade de traitement judiciaire en temps réel (BTJTR), est dédié aux affaires de flagrant délit. « Dans le jargon, le ramassage, c’est le tout-venant, précise-t-il. Ensuite, en fonction des faits, nous dispatchons, si besoin dans des services spécialisés, et nous gardons les affaires de flagrant délit. Lorsqu’une personne est arrêtée et ramenée à notre commissariat, nous devons décider de la placer ou pas en garde à vue. »

La garde à vue est en théorie prévue lorsqu’il y a des raisons de penser qu’une personne « a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit ». Elle doit être justifiée par l’un des six motifs prévus par la loi.

Or, depuis le début des manifestations des gilets jaunes, s’insurge l’officier, « les consignes sont les suivantes : placer systématiquement les gilets jaunes arrêtés en garde à vue. Il s’agit souvent d’arrestations préventives. C’est-à-dire qu’en termes de droit, rien n’est respecté. Dans le mail que nous avons reçu, il est écrit noir sur blanc que l’état-major ordonne que la garde à vue doit être systématique. C’est complètement illégal ».

Contactée par Mediapart, la préfecture de police de Paris a refusé de répondre à nos questions concernant ces instructions.

Manifestation des gilets jaunes- 2 février 2019 - Paris © ReutersManifestation des gilets jaunes- 2 février 2019 – Paris © Reuters

Sylvain* rapporte le cas d’un manifestant venu de province et interpellé à la sortie du train, avec un simple masque en papier blanc, ou d’un autre muni d’une pancarte. « Ils ont été arrêtés pour port d’armes prohibées ! Alors qu’il s’agit d’un masque de bricolage en papier ou d’une pancarte. C’est très inquiétant pour les libertés publiques. L’autre motif d’arrestation fourre-tout est de “participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens”. »

Introduite en 2010, sous Nicolas Sarkozy, pour arrêter de manière préventive les « casseurs », cette infraction est passible d’une peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

« Lorsqu’on interpelle la personne, elle n’a donc commis aucune infraction, tout est potentiel, “préventif”. Pour moi, c’est, de ce fait, abusif, déplore Sylvain*. Nous sommes devenus une machine à “boîter”, à enfermer en cellule. »

Il a tenu à informer sa hiérarchie qu’il ne placerait pas systématiquement en garde à vue des personnes qui n’avaient pas à l’être. « La réponse qui m’a été faite, à l’oral bien sûr : “Je vous ai donné les instructions. Même s’il n’y a pas d’infraction, vous placez en garde à vue.” Ces instructions viennent de la préfecture de police de Paris et au-dessus, du ministère de l’intérieur. » 

La révélation de ces « abus » intervient après la diffusion de la note du 12 janvier de Rémy Heitz, procureur de la République de Paris. Sous l’intitulé « Permanence gilets jaunes », des directives aux procureurs visaient à réprimer le mouvement. Il y était demandé de maintenir en garde à vue des personnes dont le cas avait pourtant fait l’objet d’un classement sans suite, et cela jusqu’au samedi soir, voire au dimanche matin, afin d’empêcher les interpellés de manifester. « Une atteinte très grave à une liberté fondamentale », commentait Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France, dans un article à lire ici.

Les consignes de la préfecture de police de Paris demandant de placer systématiquement en garde à vue relèvent de la même logique et la complètent : on interpelle, on place en garde à vue dans tous les cas et l’on maintient en détention les personnes interpellées, même quand on n’a définitivement rien à leur reprocher.

En choisissant de devenir policier, Sylvain* espérait « rendre justice, un rêve d’enfant », ironise-t-il, sans savoir s’il va désormais continuer dans cette voie. « Je n’ai pas envie d’être utilisé comme un outil par le gouvernement pour servir une politique qui va à l’encontre des libertés fondamentales, en particulier celle de manifester. »

Il n’est pas le seul à avoir refusé d’appliquer ces directives. Faute d’être entendu par ses supérieurs, Thomas*, 34 ans, a dû s’arrêter pour épuisement professionnel, ne supportant plus d’« enfreindre la loi, alors qu[’il est] là pour la faire respecter ».

Selon lui, sur des « sujets sensibles » comme les gilets jaunes, « le judiciaire est devenu la boîte à outils du politique. Si on refuse d’obéir, en tant qu’OPJ, on est le fusible qui saute pour faute lourde. Du coup, on est obligé d’accepter des instructions illégales jusqu’au “burn out” ou à la dépression ».

Thomas* se souvient des premiers week-ends de manifestation des gilets jaunes. « C’étaient les plus tendus. Les personnes qu’on nous ramenait au commissariat, c’était de pauvres gens, des pères de familles qui, comme 90 % des gilets jaunes, étaient juste à Paris pour manifester. Ils ne connaissaient pas leurs droits et ne pouvaient même pas se rendre compte que leur garde à vue était abusive. À l’issue, la majorité n’ont rien eu. »

Le 8 décembre, par exemple, plus de la moitié des 820 personnes mises en garde à vue ont fait l’objet d’un classement sans suite. Et sur les 264 personnes présentées à un magistrat, 160 ont reçu un simple rappel à la loi, acte qui n’est pas inscrit sur le casier. « Ce jour-là, précise Thomas*, on a dû entasser les gens. Alors que notre commissariat a 16 places en cellules, on y a placé plus de 30 personnes. Et sur ces 30, 25 ont fait l’objet d’un classement sans suite. » 

« C’est une entrave aux droits fondamentaux : les arrestations préventives se poursuivent par des gardes à vue abusives. On pourrait dire que les gilets jaunes, c’est un peu la goutte d’eau… », poursuit Thomas*. Depuis un an et demi, les effectifs se réduisent. Sur les 17 OPJ initiaux du service, il n’en reste plus que 6.

« Il y a une désaffection pour ce que l’on fait. On doit répondre sans cesse à une politique du chiffre, d’affichage, qui vient servir les intérêts des commissaires. Ils peuvent éventuellement finir dans le corps préfectoral. Ils ont des primes qui peuvent être majorées à la fin du mois en fonction des résultats. »

Tous les policiers ont une part indemnitaire dans leur salaire. Pour les commissaires, il s’agit de l’IRP, l’indemnité de responsabilité et de performance, qui a une part variable, pouvant être majorée de 20 à 40 %, en fonction notamment de la charge de travail, de la mise en œuvre de projets ou d’objectifs annuels à atteindre. 

La politique du chiffre n’a rien de nouveau. Seules ses cibles varient. « Par exemple, on a des “opérations cigarettes”, dans certains quartiers de Paris, pour arrêter les vendeurs à la sauvette. Quel intérêt ? On ne s’en prend pas aux organisateurs du trafic. Autant dire que ça ne sert à rien, si ce n’est à gonfler les statistiques. Le commissaire peut s’enorgueillir d’avoir fait 1 000 GAV dans le mois. » 

Pour Thomas*, ces opérations ne contribuent pas à renforcer le maintien de l’ordre public mais l’affaiblissent. Il décrit le jour où « un fou, armé d’un couteau, avait blessé une passante. Nous avions besoin d’envoyer des renforts sur place pour le maîtriser. Or, les effectifs étaient mobilisés pour interpeler des vendeurs à la sauvette. L’état-major du district nous a fait savoir qu’ils n’en bougeraient pas, puisque c’était une priorité. »

Cette utilisation des forces de l’ordre soulève non seulement la question de la sécurité publique mais là encore celle de la légalité des procédures. Les OPJ n’étant pas assez nombreux, « il est devenu régulier, aujourd’hui, que des assistants de police judiciaire [APJ]  écrivent des actes à notre place, alors qu’ils n’en ont pas le droit, notamment en matière de garde à vue. Je n’ai plus qu’à signer la procédure, mais, faute de temps, je ne vérifie que la forme et pas le fond. Je deviens un prête-nom, avec les risques que cela représente. Ça s’apparente à un faux en écriture. »

Thomas* précise qu’en cas de prolongement de la garde à vue, si l’APJ « s’est pris la tête avec la personne arrêtée, et s[’il] est mal intentionné, il peut prolonger sous un prétexte fallacieux la garde à vue. De mon côté, je vais signer, dans ce cas, une procédure abusive. »

« Ce qui est le plus dur, confie l’officier, c’est la perte de sens de notre travail. Nous sommes commandés par des incompétents qui ne connaissent pas le métier et gèrent les gens comme des pions. Dans notre service, un collègue est en arrêt pour dépression, ne se retrouvant plus dans les ordres donnés, un autre s’écroule en larmes, chaque matin, en venant au travail. »

Le médecin du travail de la préfecture de police de Paris s’est opposé à ce que deux officiers (sur six) de ce service reprennent leur activité, leur état étant jugé trop fragile.

Les syndicats Alliance et Unité SGP-FO ont réagi dans des tracts, dénonçant le « burn out » des OPJ. Ils demandent le recrutement d’officiers supplémentaires et la diminution de la capacité d’accueil des gardes à vue. « Des tracts, c’est tout ce qu’ils savent faire, estime Thomas*. Ils n’ont pas compris que ce sont les ordres, la politique en matière de maintien de l’ordre qu’il faut changer pour que l’OPJ puisse retrouver sa mission initiale. Mais le syndicalisme policier, c’est un syndicalisme de jaunes. Ils sont dans un consensus perpétuel avec la hiérarchie, en échange d’avancements de carrières. À mon sens, c’est de la corruption. »

Sylvain* et Thomas*, qui ont préféré parler sous couvert d’anonymat, savent que leurs témoignages déclencheront une enquête en interne pour retrouver ceux qui ont « osé contester la hiérarchie ». Ils rappellent le sort réservé à Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat Vigi, syndicat de police minoritaire, passé en conseil de discipline, le 20 février dernier, pour avoir notamment dénoncé la « dérive autoritaire » du gouvernement lors des manifestations des gilets jaunes.

« Mais, après en avoir parlé avec l’ensemble de nos collègues, explique Sylvain*, nous avons décidé de le faire pour que la vérité soit entendue. Le devoir de réserve a bon dos et permet de couvrir des ordres et des actes illégaux de la police. » Il y a eu des précédents.  Afin de protester contre la surcharge de travail, induite notamment par la politique du chiffre, des services d’officiers de police judiciaire ont déjà, il y a un an, cessé leur activité dans deux autres commissariats parisiens. « Mais cela n’a rien changé », regrette Sylvain*.

Vidéo-réunions

A la demande de nos sympathisants, nous avons déplacé nos réunions hebdomadaires par vidéo au jeudi à 20h00.

Pour nous rejoindre, inscrivez-vous sur le site “Les Insoumis Démocrates” et rendez-vous à  la rubrique : “Les vidéo-réunions” et suivez les instructions de connexion.

Le sujet vous sera communiqué par mail.

Et vous, vous vous attendiez à quoi ?

Edouard Philippe redoute "l'effet déceptif" du grand débat national.

Edouard Philippe redoute “l’effet déceptif” du grand débat national. – MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY
Faut pas rêver

Grand débat : le gouvernement prévient déjà qu’il y aura beaucoup de déçus

Craignant que les retombées effectives du grand débat national ne déçoivent les Français et ne réinjectent une dose d’amertume aux gilets jaunes, le gouvernement s’emploie, comme Edouard Philippe ce mardi 5 février, à doucher d’éventuels espoirs trop fous.

Espérer, mais pas trop quand même. Au cas où les Français attendraient trop du grand débat national en ligne, qui se trouve dans sa dernière ligne droite avant clôture le 15 mars, le gouvernement se charge déjà de dégonfler la baudruche. Ce mardi 5 février, lors d’une réunion du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Edouard Philippe, a ainsi mis en garde les députés, selon des propos rapportés par plusieurs journalistes présents : “Le risque déceptif est important”. Et le chef du gouvernement de donner cette consigne : “Il faut préparer nos concitoyens à ce que les propositions à la sortie ne soient pas les réponses à toutes les remontées des débats”.

Philippe Mathon

@pmathon

“Le risque déceptif est important… Il faut préparer nos concitoyens à ce que les propositions à la sortie ne seront pas les réponses à toutes les remontées des débats.” Crainte d’@EPhilippePM en réunion de groupe , ce matin.

“Gilets jaunes” : une note du procureur de la République de Paris préconise de ne lever les gardes à vue qu’après les manifestations

Rémy Heitz précise les conduites à tenir au sujet des suites judiciaires concernant les “gilets jaunes“. Cette note pourrait porter “atteinte à la liberté individuelle”, selon Vincent Charmoillaux, l’un des porte-parole du Syndicat de la magistrature.

Voir l’article sur “Francetvinfo”

INFO FRANCEINFO. “Gilets jaunes” : une note du procureur de la République de Paris préconise de ne lever les gardes à vue qu’après les manifestations

Le syndicat de la magistrature dénonce “une atteinte à la liberté individuelle” et un “détournement de la garde à vue”.

Lors de l\'acte XIII des manifestations de gilets jaunes du 9 février 2019, une inscription sur les murs du ministère des affaires étrangères à Paris : \"Qui ne casse rien,n\'a rien\".

 

Franceinfo révèle mardi 26 février une note du procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, rédigée et envoyée le 12 janvier à tous les procureurs parisiens dans laquelle il précise les conduites à tenir au sujet des suites judiciaires concernant les “gilets jaunes“. Cette note pourrait porter “atteinte à la liberté individuelle”, selon Vincent Charmoillaux, l’un des porte-parole du Syndicat de la magistrature.

Selon franceinfo, cette note intitulée “permanence gilets jaunes” et destinée aux membres du parquet de Paris donne des conseils pratiques pour organiser la masse de travail quand des centaines de “gilets jaunes” sont placées en garde à vue. Parmi ces conseils, celui de privilégier les levées de garde à vue le samedi soir ou le dimanche matin, même si les faits sont ténus et même s’il y a classement sans suite, afin d’empêcher les interpellés de “retourner grossir les rangs des fauteurs de troubles”.

Il est aussi préconisé d’inscrire les “gilets jaunes” interpellés sur le fichier de traitement des antécédents judiciaires, même si les dossiers les concernant sont classés sans suite. Et il est demandé de n’exploiter la vidéosurveillance de la préfecture de police que pour les faits graves ou contestés, et d’éviter de convoquer à nouveau les policiers pour établir les circonstances des faits.

“Un détournement de garde à vue”

“Il y a une atteinte à la liberté individuelle, dénonce Vincent Charmoillaux, l’un des porte-parole du Syndicat de la magistrature, lorsqu’on donne pour instruction de maintenir les gardés à vue sur des gens dont on sait qu’ils ne seront pas poursuivis, et qu’on les maintient privés de liberté pendant plusieurs heures, voire pendant la nuit suivante, pour de pures nécessités de maintien de l’ordre. On est sur un détournement de l’objet de la garde à vue. De même lorsqu’on demande un fichage sur des gens dont on sait qu’il n’y a pas d’infraction caractérisée.”

Sollicité lundi 25 février au soir, le parquet de Paris n’a pas souhaité apporter de commentaire sur cette note interne.

Le gouvernement a décidé de faire la guerre aux chômeurs

Face aux accusations du gouvernement “chômeurs = fraudeurs” et contre les idées préconçues, une chercheuse argumente.

Voir l’article sur “France Culture”.

La France est-elle trop généreuse avec les chômeurs ?

19/02/2019 (MIS À JOUR À 18:38)

Par Elsa Mourgues

Les idées claires |Le système d’assurance chômage est-il efficace ? C’est la question au cœur des Idées Claires, notre programme hebdomadaire produit par France Culture et Franceinfo destiné à lutter contre les désordres de l’information, des fake news aux idées reçues.

Ce début 2019 marque la dernière ligne droite pour la réforme de l’assurance-chômage. Sans accord entre les partenaires sociaux, c’est l’État qui va reprendre la main sur les négociations en se posant cette sempiternelle question : que faire pour réduire le taux de chômage ?

Changer le système d’assurance chômage pour un système d’indemnisation dégressive ou de contreparties comme le suggérait le Premier Ministre il y a quelques jours, peut-il résoudre le problème ? N’est-il pas plus confortable de vivre au chômage, profitant de “deux ans de vacances payées par l’État” comme l’expliquait Christophe Castaner ? Ne faudrait-il pas surveiller davantage les bénéficiaires des allocations chômage pour éviter les abus ?

Claire Vives, sociologue rattachée à l’IDHES, chercheuse au Centre d’études de l’emploi et du travail, répond aux questions des Idées Claires.

La France est-elle trop généreuse avec les chômeurs ?

” Non, on ne peut pas dire que la France est trop généreuse avec ses chômeurs, moins d’un chômeur sur deux est indemnisé aujourd’hui. L’indemnisation médiane c’est 950 euros, donc ça veut dire qu’il y a 50% des chômeurs qui gagnent moins de 950 euros.”

Le chômage, c’est deux ans de vacances payées par l’État ?

” Vous ne méritez pas une indemnité mais vous êtes indemnisé parce que vous avez cotisé. En fait, le chômage en France c’est un système assurantiel. C’est-à-dire que quand vous êtes salarié, vous cotisez et ensuite lorsque le risque chômage survient pour vous, à ce moment-là vous pouvez être indemnisé de manière proportionnelle à votre ancien salaire. Si vous avez moins de 55 ans ce sera au maximum 2 ans mais il faut avoir en tête que pour une grande partie des demandeurs d’emploi, 66% ne vont pas à la fin de leurs droits.”

Mais c’est plus confortable d’être au chômage que de travailler ? 

” Non ce n’est pas plus confortable, d’ailleurs on ne peut pas vraiment opposer les situations de chômage et de travail puisqu’il y a une personne indemnisée sur deux qui travaille et un chômeur inscrit à Pôle Emploi sur 3 qui travaille.”

Si l’indemnisation était dégressive, les chômeurs trouveraient plus vite du travail ?

” La dégressivité des allocations, c’est le principe selon lequel au bout d’une certaine durée de chômage votre indemnisation va diminuer. L’idée sous-jacente derrière, c’est de dire que parce que l’indemnisation diminue, vous allez faire des efforts plus importants pour rechercher un emploi. Sauf que dans les faits, les études montrent que ce n’est pas le cas. Entre 1992 et 2000, le système de la dégressivité existait en France, on n’a pas constaté cet effet d’un retour à l’emploi plus rapide.”

Certaines personnes ont des indemnisations de plusieurs milliers d’euros…

” Vous êtes indemnisé de manière proportionnelle à votre ancien salaire. Il y a un plafonnement en France qui est autour de 6 300 euros mais ça ne représente que 0,02 % des allocataires. Les cadres, donc les personnes qui perçoivent des salaires importants, cotisent plus que ce qu’ils ne reçoivent comme prestations. Donc si on plafonne l’indemnisation, on va aussi plafonner la cotisation et donc pour l’assurance chômage, ça ne va pas du tout être un calcul favorable.”

Les chômeurs pourraient travailler un peu dans le social en contrepartie ?

” Cette question de la contrepartie qui supposerait que vous avez besoin d’une contrepartie parce que vous ne chercheriez pas effectivement un emploi, elle laisse de côté le fait qu’il n’y a pas forcément d’emploi disponible qui corresponde à vos qualifications et à ce que vous recherchez. Le problème de faire travailler gratuitement les chômeurs ou contre indemnisation c’est que vous faites réaliser un service social par des chômeurs et non par des professionnels et donc c’est une forme de travail gratuit ou sous-rémunéré.”

Les chômeurs sont très peu surveillés donc ils peuvent partir en vacances ?

” Non, ce n’est pas vrai. Vous avez des contrôles qui ont été renforcés ces dernières années. Ce qu’on a vu c’est que 85% des chômeurs cherchent effectivement un emploi, et dans les 15% qui n’étaient pas en recherche active d’emploi, une grande partie ne sont pas indemnisés. Et il ne faut pas négliger l’existence de chômeurs découragés, c’est-à-dire l’existence de personnes qui cherchent depuis longtemps un emploi et qui ne trouvent pas d’emploi qui corresponde à leurs qualifications. Donc la réponse à ces personnes-là c’est plus un accompagnement plus important que des sanctions plus importantes.”

S’ils refusent deux offres d’emploi les chômeurs perdent leur indemnisation, ça favorise le retour au travail ?

” Dans la plupart des cas, les demandeurs d’emploi ne se voient pas proposer deux offres qui correspondent à leurs qualifications. On est à moins de 1% de personnes qui ont été radiées parce qu’elles ont refusé deux offres d’emploi.”

Mais si on met plus de pression sur les chômeurs ils vont trouver un emploi plus vite ?

” L’augmentation du contrôle, comme la dégressivité, ça conduit les personnes à être dans des situations financières et morales de pression et donc à prendre n’importe quel emploi ou en tout cas à ne pas attendre de trouver l’emploi qui correspond vraiment à leurs qualifications ou à ce qu’elles recherchent, et donc elles vont rester moins longtemps sur ces emplois.
Donc ce n’est pas favorable pour les entreprises puisqu’il va y avoir un turnover plus important.”

Les chômeurs français coûtent-ils plus cher qu’ailleurs ? 

” Non, on ne peut pas dire que les chômeurs français coûtent très cher. L’accompagnement comme l’indemnisation sont en grande partie financés par les cotisations donc ce sont les salariés eux-mêmes qui se financent leur accompagnement lorsqu’ils sont au chômage. Par rapport aux autres pays européens, le taux d’encadrement, c’est-à-dire le nombre de conseillers par personne au chômage est plus faible que dans de nombreux pays européens.”

GILETS JAUNES : CETTE SOIF DE RÉPUBLIQUE

 

GILETS JAUNES : CETTE SOIF DE RÉPUBLIQUE. Un article tiré de “Vu du droit”.

 

C’est un bien curieux dilemme auquel nous sommes confrontés depuis quelques semaines : il nous faudrait, soit accepter aveuglément la fragile légitimité d’un président de la République élu par hasard, et applaudir sans broncher chacune de ses décisions au nom du respect des principes démocratiques et républicains ; soit nous ranger du côté des partisans du désordre, des casseurs, des ennemis de l’Etat de droit – cette si creuse formule dont nul ne sait exactement à quel imaginaire politico-historique elle renvoie, et qui est si souvent mobilisée pour contourner, l’air de rien, les aspirations populaires. Alors même qu’il devient de plus en plus manifeste que les artisans du désordre ne sont pas ceux qui manifestent dans nos rues, de façon plus ou moins pacifique, mais ceux qui occupent en toute légalité les bâtiments publics.

Des élites aveugles et sourdes

De fait, il est chaque jour plus fascinant d’observer à quel point nos élites politiques sont promptes à mobiliser le vieux concept de légitimité démocratique au gré de leurs intérêts du moment : les référendums français de 2005, ou grec de 2015, pourtant sans appel et engageant tous deux au plus haut point l’intérêt national des pays concernés, n’ont pas bénéficié de la même présomption de sacralité, balayés qu’ils furent pour les beaux yeux de la technocratie bruxelloise, que l’élection d’Emmanuel Macron au printemps 2017. Et d’ailleurs, tout rappel, même poli, du déficit de légitimité du président actuel vous range, c’est simple, du côté des populistes, de ceux qui n’aiment pas la démocratie. Pourtant, qu’on en juge : deuxième plus fort taux d’abstention au second tour de la présidentielle depuis 1958 ; un président désigné par seulement 44% des inscrits ; près de la moitié de ces mêmes électeurs confessant un choix motivé par le refus de Marine Le Pen, et seulement 16% pour son programme. Qu’y a-t-il de populiste, quel symptôme d’un manque d’amour suspect pour la démocratie peut-on voir dans le fait de souligner que nul ne peut gouverner un pays sans égard pour l’intensité, plus ou moins forte, de l’élan populaire qui l’a porté à sa tête ? Et pourtant, ces raisonnements sont désormais relégués au rang du tabou suprême ; injonction nous est faite de traiter ce triste mariage arrangé comme s’il s’agissait d’une somptueuse histoire d’amour, et de considérer l’héritier croulant sous le patrimoine dont le hasard l’a doté comme un génial entrepreneur récoltant les fruits mérités de son dur labeur.

Cet impensé originel du macronisme – le refus de prendre acte d’un si criant déficit d’amour du peuple pour ce chef-là – est une pièce essentielle de la mécanique ayant abouti au mouvement des Gilets jaunes. Car tout l’édifice du pouvoir actuel est bâti sur une posture gaullienne de pacotille : Emmanuel Macron serait le jeune et brillant sauveur d’un pays qui n’attendait qu’un salutaire élan de dynamisme et de modernité. Avec l’objectif implicite, naturellement, de rejoindre enfin une compétition économique mondiale effrénée dont il se refusait obstinément, depuis plusieurs décennies, à rejoindre le manège infernal. Or, d’une part le peuple n’a jamais formulé ce voeu, il a exprimé son refus de Marine Le Pen ; d’autre part, et contrairement à ce que ce pouvoir semblait penser, l’onction du suffrage universel n’est pas un passe-droit permettant de s’asseoir sur des siècles d’histoire, sur le rapport d’un peuple à la justice sociale et fiscale, ou sur son intolérance viscérale à l’iniquité et à l’arrogance du parvenu récompensant ses facilitateurs une fois sa position acquise. Le rêve mondialiste d’une homogénéisation totale des comportements et des réflexes sociaux est en train de s’effondrer ; la planète entière l’a compris. Seul, un petit village d’irréductibles naïfs continue courageusement, à Paris, à résister à cette nouvelle maladie – la métaphore pourrait être prolongée s’agissant des délirantes et solitaires ambitions européennes du gouvernement.

Pourquoi cette révolte ? C’est pourtant simple

Mais revenons au sujet des Gilets jaunes à proprement parler. Nul besoin d’une intelligence supérieure pour comprendre  les raisons fiscales de cette révolte populaire : jamais sous la Ve République, jamais, de tels cadeaux n’avaient été faits à une si infime partie de la population. Rappelons-le ici encore, clairement : quatre milliards d’ISF rendus ; cinq milliards avec la flat tax sur le capital (au bas mot : à moyen terme, ce pourrait être le double, voire plus, selon plusieurs économistes spécialistes de la fiscalité du patrimoine) ; quant à la défunte exit tax, Bercy estime qu’elle entraînera un manque à gagner total, pour les finances publiques, de six milliards. Restons-en aux taxes dont le produit est annualisé, l’ISF et la flat tax : neuf milliards, chaque année. C’est le budget du ministère de la Justice. Un rapport Solidaires-Finances publiques de cette année a fait le calcul : 86’000 euros seront rendus chaque année aux 0,1% des contribuables les plus aisés de France, du seul fait de la flat tax, au cours du quinquennat ; quant aux quatre milliards d’ISF rendus aux anciens contribuables qui le versaient, ils sont concentrés sur 330’000 personnes, soit la population approximative de la ville de Nice. Et pendant ce temps, le Smic augmentera péniblement de 400€ par ans d’ici à 2022. Moins de quarante euros de gain mensuel pour les deux millions de personnes le touchant – et on ne parle même pas des salariés à temps partiel, des femmes la majorité du temps, pour qui le bénéfice sera encore moins significatif. Or, c’est à ces gens-là que l’on voudrait, justement, ponctionner deux milliards supplémentaires de taxe carbone en 2019, après leur avoir fait porter le même fardeau en 2018 (2,4Md€) ! Selon l’OFCE, c’est simple : les mesures fiscales décidées par Emmanuel Macron aboutiront de fait à une diminution du niveau de vie de l’ensemble de la population, sauf…pour les 5% les plus riches, qui verront le leur augmenter de 1,6%.

Qu’il est facile, dans un tel contexte, de dresser le portrait d’une France renvoyée selon les jours à l’ultra-droite ou à l’ultra-gauche – il faut croire que l’adjectif extrême n’était plus assez fort pour refléter la dangerosité de ce populo sanguinaire. Et les bardes habituels de l’ordre établi – Bernard-Henri Lévy en tête, comme de juste – de sommer nos Gilets jaunes de dire “et vite, s’ils sont républicains”. Naïvement, on serait tenté de poser la même question, non pas au peuple qui se révolte face à l’iniquité fiscale et à la mascarade du détournement des moyens de l’Etat, mais à Emmanuel Macron : êtes-vous républicain, M. le Président ? Croyez-vous réellement faire le bien de votre pays en vous attaquant inlassablement à ses classes laborieuses et en accablant de largesses, au-delà de ses plus folles espérances, sa minorité la plus favorisée ? Ou êtes-vous sciemment en train de détruire le consentement à l’impôt du peuple en lui faisant, volontairement, porter un poids trop lourd pour lui, afin de justifier ultérieurement un désengagement de l’Etat de secteurs dont vous nous expliquerez alors doctement qu’il est urgent de les confier à la sphère privée pour “réduire le poids de la dépense publique” ? Au hasard : l’assurance-maladie ? Les retraites ? La question mérite d’être posée. Notre pays est en effet enfermé dans une mécanique impitoyable, qui est celle de l’Union européenne, c’est-à-dire une logique de déflation salariale infinie, visant à garantir la compétitivité de nos produits à l’exportation – un objectif rendu inatteignable par la mise en commun de notre monnaie avec, notamment, l’Allemagne. Et il serait évidemment bienvenu, dans ce cadre auquel notre Président est plus que dévoué, de briser le lien entre les cotisations sociales prélevées sur les salaires – ces enfants gâtés de Français coûtent trop cher ! – et la protection que nous estimons, depuis 1945, devoir à nos concitoyens. Alors, chiche : pour aller au bout de cette logique et justifier un désengagement de l’Etat, quoi de plus efficace que de semer soi-même les germes d’un ras-le-bol fiscal généralisé ? Mais balayons ce scénario un brin tiré par les cheveux : la vérité est sans doute plus simple, ce qui est à la fois rassurant et navrant.

En réalité, il semble plus probable que le modèle économique et social pour lequel Emmanuel Macron a été formaté, en bon premier de la classe, au début des années 2000 (c’était hier, mais économiquement, c’était il y a un siècle, tant les séquelles du cataclysme de 2008 sont encore profondes), soit toujours celui dans lequel il se complaît aujourd’hui, aveuglément, dans une sorte d’autisme autosatisfait et sûr de son intelligence. C’est à peu près dans cet état d’esprit que devait se trouver Maurice Gamelin en février 1940 : la réalité nous indique que notre logiciel stratégique est périmé ? Peu importe ! Ce logiciel ne peut être qu’excellent : il a été conçu par de brillants esprits. Arrogance toute technocratique de celui qui croit que le modèle qu’on lui a enseigné avec obstination, dans une logique religieuse – l’économie de marché dérégulée, les bienfaits sans limites du libre-échange, la religion du nécessaire désengagement de l’Etat, qui ne serait plus là que pour combler les défaillances de marché – est indépassable. Et tant pis si le reste du monde est en train de sortir avec fracas du paradigme de la dérégulation heureuse, et de redécouvrir avec étonnement que la capacité d’une économie à produire des biens industriels, qu’ils soient ou non moins chers que ceux conçus en Chine, en Inde ou au Bangladesh, comporte un intérêt et des à-côtés suffisamment importants pour que la question d’un protectionnisme ciblé et sur-mesure doive être posée. Autant dire que, dans le cadre européen, d’un libre-échangisme béat dont le dogmatisme confine au fanatisme religieux, il est inconcevable, et donc impossible, de mettre en oeuvre des politiques de sauvegarde de l’intérêt économique national. À commencer par le fait de recouvrer une monnaie dont le niveau serait adapté aux produits que nous sommes en mesure d’exporter, et une souveraineté budgétaire nous permettant de mener les investissements publics d’avenir dont nous avons cruellement besoin pour assurer l’indépendance de notre pays, son niveau de vie, et la protection de ses citoyens. Il faut lire, avec attention, la production des Conseils et Directions qui rédigent depuis des années de brillantes notes à destination de l’exécutif français : voilà plus de dix ans que ces différentes instances déplorent le niveau excessif de l’euro pour l’économie française, appellent une refonte totale (comme les auteurs du programme économique d’Emmanuel Macron eux-mêmes, depuis peu) des critères budgétaires européens qui étouffent, de facto, les pays souffrant déjà d’un euro trop fort pour eux. Pour qui connaît quelques hauts fonctionnaires, il est frappant de constater la colère, voire parfois la rage qui habite nombre d’entre eux face au dogmatisme européiste de dirigeants élus auxquels ils expliquent depuis des années, chiffres à l’appui, qu’ils sont en train de mener le pays dans une dramatique impasse, ignorant leurs appels, par amour pour un idéal fédéraliste dépassé qu’ils sont les seuls à appeler de leurs voeux. Quel étrange église que celle où les cardinaux n’écoutent plus les doléances que les curés de campagne et les évêques leur font parvenir, et décident des évolutions du dogme et de la liturgie selon leurs seules fantaisies, sans plus se soucier de l’avis des ouailles que de l’état du moral du bas-clergé.

L’impérieux devoir de désobéissance

D’où la question suivante : jusqu’à quand ce clergé, justement, acceptera-t-il de suivre aveuglément les ordres des prélats et du souverain pontife  ? Les cas de désobéissance de fonctionnaires s’enchaînent à un rythme effréné : ici, les pompiers tournent le dos au préfet et le laissent seul en pleine fête de la Sainte-Barbe ; là, les CRS fraternisent silencieusement avec les manifestants entonnant la Marseillaise ; les préfets alertent l’exécutif en parlant de “situation explosive et quasi insurrectionnelle” ; des collectifs de policiers appellent leurs collègues à enfiler un gilet jaune, voire à se mettre en grève samedi prochain. Il fallait voir les visages hébétés, incrédules, d’Edouard Philippe et de Christophe Castaner, au soir du 1er décembre, lors du discours du Premier ministre devant les forces de l’ordre ; on sentait leur inquiétude, leur angoisse. Car ce sont ces fonctionnaires, policiers, pompiers, préfets, qui incarnent l’Etat dans le coeur de ses missions ; et ce sont eux qui, premier et dernier rempart républicain, perçoivent le plus directement, dans leur chair, la violence et parfois la légitimité de la colère du peuple qu’ils voient en face d’eux. Ce sont ces préfets qui assistent depuis des années au délitement organisé de la souveraineté nationale et aux absurdités de la décentralisation, et exécutent avec loyauté des ordres avec lesquels ils sont de plus en plus souvent en désaccord ; ce sont ces pompiers qui subissent depuis des années la dégradation de leurs conditions de travail et d’intervention ; ce sont ces policiers qui, eux-mêmes, connaissent la paupérisation, les suicides, la peur au ventre, à qui l’on demande aujourd’hui de distribuer des coups de matraque à des représentants du peuple dont les intérêts objectifs et les revendications ressemblent furieusement aux leurs. Voilà qui est explosif : lorsque le conflit entre devoir d’obéissance du fonctionnaire à sa hiérarchie, d’une part, et sentiment insupportable, d’autre part, d’être l’instrument et le complice d’une injustice organisée par le politique et perçue à bien des égards comme un détournement de pouvoir, devient insupportable. Quand les ordres, ceux du politique, ceux de la hiérarchie, vont si ouvertement à l’encontre de l’Ordre, public, social, républicain, c’est la République elle-même qui se rappelle au bon souvenir de ceux qui en ont pris la tête et se sont employés à en faire l’instrument de volontés manifestement bien différentes de celles des citoyens. Et ce sont, comme aujourd’hui, les serviteurs de l’Etat eux-mêmes qui finissent par ressentir un devoir de désobéissance, faisant primer leur conception viscérale de l’intérêt public sur le strict respect de la légalité.

Où est l’ordre, et qui sont les réels fauteurs de désordre dans ce pays ? Voilà la question qui nous brûle les lèvres, à tous. Devons-nous accepter que notre organisation économique ne devienne qu’une déclinaison sans âme des modèles prônés – avec une impressionnante persévérance dans l’erreur – par les apôtres de la mondialisation infinie, plutôt que d’inventer nous-mêmes les instruments de notre souveraineté ? Devons-nous accepter que notre ordre social ne doive plus répondre qu’aux critères de l’ordo-libéralisme aveugle qui plane aujourd’hui sur l’Europe, et renie ses particularités historiques plutôt que de leur donner une viabilité nouvelle, en inventant de nouveaux instruments permettant de les pérenniser ? Nos fonctionnaires doivent-ils, et surtout peuvent-ils indéfiniment accepter d’être les instruments de la mise au pas d’une société à laquelle ils appartiennent, dont ils sont les organes vivants, et non de simples instruments chirurgicaux chargés d’amputer et de saigner là où on leur dira de le faire ? Le peuple français lui-même peut-il accepter de se laisser déposséder de sa volonté politique propre, et consentir à toutes les iniquités qu’on voudrait lui imposer ? Depuis plusieurs semaines, il nous répond sans ambiguïté par la négative. Des semaines au cours desquelles on a pu assister à une débauche d’injures, de mépris, de procès en dangerosité pour la démocratie, d’accusations de néo-fascisme ; ces derniers jours, encore, on pouvait lire, dans une tribune surréaliste parue dans Le Figaro et signée par Jean-Robert Pitte : “La vacuité de la plupart des revendications des gilets jaunes, plus ou moins approuvées par une large majorité de Français, repose sur une vision exclusivement matérialiste de la condition humaine”. En bon français : ces imbéciles pourraient se tourner vers la philosophie et la pratique d’un instrument de musique plutôt que de réclamer, avec tant de vulgarité, de futiles garanties pour leur sale subsistance.

Se saisir à nouveau de son destin

Oui, l’élection d’Emmanuel Macron a débouché sur une mise en danger sans précédent du pacte social français, au nom d’intérêts qui n’ont rien à voir avec ceux de la majorité du peuple ; et la mobilisation des Gilets jaunes en est la démonstration. Non, ce mouvement, fût-il violent, n’est pas une menace pour la démocratie française, mais exprime au contraire une demande d’ordre social et fiscal juste, garanti par un Etat vraiment impartial et au service de la Nation – et en cela, le fantasme d’une convergenceentre ces partisans d’un ordre juste et ceux qui haïssent la France et son État, relève de l’erreur politique la plus crasse. Oui, les différentes tribunes, les cris et injures des Romain Goupil, des Daniel Cohn-Bendit, des Eric Le Boucher, ont un parfum de panique, celle d’élites autoproclamées ayant perdu depuis de longues années le sens de l’intérêt de leur pays au profit d’un rêve post-national dont elles refusent de constater l’état de mort clinique ; des élites dont le plus emblématique représentant est aujourd’hui locataire de l’Elysée, passager clandestin bunkerisé de la République française. Oui, en se révoltant de cette façon, le peuple s’insurge, consciemment ou non, contre la soumission de ses propres dirigeants à des autorités et normes supranationales – le FMI, la Commission, les règles budgétaires européennes -, devenues elles-mêmes les porte-voix des gagnants de la mondialisation, et dont notre actuel président est l’ambassadeur zélé. Comme si, au pouvoir temporel des dirigeants nationaux démocratiquement élus par les citoyens, s’était désormais superposé un pouvoir supranational, en rien démocratique, et s’imposant à lui par une sorte d’autorité divine. Un pouvoir qui concurrence et contraint aujourd’hui les décisions des dirigeants nationaux comme, hier, le Saint-Siège tentait d’affaiblir l’autorité royale.

 

Les démocraties occidentales sont aujourd’hui le théâtre d’une formidable lutte d’influence entre une souveraineté démocratique nationale présentée comme irraisonnée, toxique et dépassée, populiste, et un logiciel post-national finissant qui voudrait encore nous dicter, dans ses derniers spasmes, d’ultimes prescriptions – en l’occurrence, schématiquement : faire payer la transition écologique au bas peuple, et alléger la facture fiscale des couches supérieures. Il est difficile, dans ces conditions, de ne pas se réjouir en voyant les citoyens se saisir, de nouveau, de leur destin, et contraindre leurs dirigeants à entendre enfin la soif de justice et de souveraineté qu’ils expriment dans les rues de leur pays. Rien ne serait plus dangereux, plus irresponsable, que d’ignorer ou de sous-estimer l’ampleur de cette soif de République.

ALAIN JUPPÉ NOMMÉ AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL : DES REVENUS EXCEPTIONNELS POUR UN GRAND SERVITEUR DE L’ETAT

ALAIN JUPPÉ NOMMÉ AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL : DES REVENUS EXCEPTIONNELS POUR UN GRAND SERVITEUR DE L’ETAT

Il peut pleurer pour 16200 € brut/mois soit 194400€/an plus les avantages/privilèges d’un ex-premier ministre etc etc.

Pour un ex-délinquant jugé pour détournement de biens sociaux, ce n’est pas mal, quand même.

https://www.capital.fr/…/alain-juppe-nomme-au-conseil-const…

BARTHÉLÉMY PHILIPPE  PUBLIÉ LE 14/02/2019 À 13H33  MIS À JOUR LE 14/02/2019 À 14H58

Saluée par une large partie de la classe politique, la nomination d’Alain Juppé au Conseil constitutionnel va assurer des revenus exceptionnels à l’ex-Premier ministre, âgé de 73 ans. Et ce, jusqu’à son 82ème anniversaire.

Alain Juppé rejoint les sages. Désigné par le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, en vue d’intégrer le cénacle des membres du Conseil constitutionnel, Alain Juppé a fait ses adieux à la mairie de Bordeaux, jeudi 14 février. La fin d’une époque pour l’ancien complice de Jacques Chirac, très ému de quitter les Bordelais. Au Conseil constitutionnel, Il pourra mettra à profit sa longue expérience politique afin de veiller au respect du texte fondateur de la Ve République. Alain Juppé siègera notamment en compagnie de l’ancien ministre Jacques Mézard et du sénateur François Pillet, respectivement nommés par Emmanuel Macron et Gérard Larcher, à l’occasion du renouvellement de trois des neuf membres de l’institution.

De la mairie de Bordeaux aux ors du Conseil constitutionnel, l’ancien Premier ministre va voir ses habitudes bouleversées. Et son train de vie augmenter. Indemnisé à hauteur de 5.600 euros bruts par mois – le barème pour les villes de plus de 100.000 habitants – dans son fief girondin, Alain Juppé va bientôt percevoir une rémunération largement supérieure. En tant que membre du Conseil constitutionnel, ses indemnités s’élèveront ainsi à 13.300 euros nets environ. Une coquette somme qu’il touchera durant l’intégralité de son mandat rue de Montpensier, soit neuf années.

À lire aussi – Indemnités des élus : des députés proposent d’augmenter les “petits maires”

De quoi voir venir… D’autant que “le meilleur d’entre nous” pourra ajouter à cette somme les différentes pensions liées à ses anciens mandats : maire de Bordeaux, député, adjoint au maire de Paris… Grâce à son nouveau statut de “sage”, Alain Juppé aura le droit de cumuler son salaire avec l’ensemble de ses pensions, sans plafonnement.

Il est où François de Rugy, la Guyane est pourtant un département français, mais ……..

A l’Assemblée, le débat sur la Montagne d’or n’attire pas les foules

11 FÉVRIER 2019 PAR CHRISTOPHE GUEUGNEAU

 

Jeudi dernier, une dizaine seulement de députés ont débattu du projet de méga mine d’or industrielle en Guyane. Les deux députés guyanais, l’un opposé au projet et l’autre favorable, ont pu interpeller le ministre de la transition écologique François de Rugy. Ce dernier, qui se rendra bientôt sur place, devrait trancher d’ici juin.

 

C’est un petit débat – pas plus d’une dizaine de députés – mais c’est un débat quand même. Jeudi 7 février, à l’occasion de la semaine du contrôle parlementaire, était organisé un débat sur la Montagne d’or, le méga projet minier d’extraction au cœur de la forêt amazonienne, en Guyane. Peu de députés dans l’hémicycle, mais un ministre pour répondre, celui de la transition écologique François de Rugy.

Selon le maître d’ouvrage, un consortium russo-canadien, l’objectif est d’extraire 85 tonnes d’or de réserves déjà définies sur le gisement, soit la production de 6,7 tonnes d’or par an sur douze ans. Pour ce faire, la société va pulvériser des millions de tonnes de roches, creusant une fosse de 2,5 kilomètres de long pour environ 400 mètres de large, et qui aura 250 mètres de profondeur (lire notre série d’enquêtes sur le sujet).

Surtout, de multiples risques environnementaux sont soulignés par les contempteurs de la mine : la déforestation nécessaire aux installations, l’utilisation du cyanure, le risque de remontée de métaux lourds présents naturellement dans le sol, la gestion des déchets miniers et celle de l’après-mine.

Le débat parlementaire intervenait en outre une dizaine de jours après la rupture d’un barrage dans l’État brésilien du Minas Gerais, le 15 janvier dernier. La catastrophe a coûté la vie à au moins 150 personnes.

En Guyane, deux camps s’affrontent mais de force inégale. Le débat public mené au premier semestre 2018 a montré que la population était assez généralement hostile au projet, en particulier les populations autochtones (lire notre article). En face, les forces économiques et surtout politiques guyanaises y sont majoritairement favorables, sensibles à la promesse d’emplois – environ 700 emplois directs et 3 000 emplois indirects selon les promoteurs – dans un territoire qui en manque cruellement.

L’entrée de la route menant au futur site de la Montagne d’or, à une dizaine de kilomètres de Saint-Laurent-du-Maroni. © CG

Les deux positions se sont retrouvées à l’Assemblée nationale avec les deux députés de Guyane : contre le projet, Gabriel Serville (GDR), à l’initiative du débat ; pour, Lénaïck Adam (LREM).

Intervenant pour ouvrir le débat, Gabriel Serville a fustigé une « Montagne d’or qui sera en fait un gigantesque trou ». Le député a également rappelé le « refus massif » des populations autochtones. « Je vous demande solennellement de renoncer à ce projet, à cette folie meurtrière », a-t-il lancé à l’attention de François de Rugy, appelant à « mettre la Guyane sur la voie du développement durable ».

Gabriel Serville est déjà à l’origine d’une proposition de résolution, cosignée par 65 députés de tout bord, visant à interdire l’utilisation des technologies à base de cyanure pour l’extraction aurifère. La compagnie Montagne d’Or compte utiliser près de 3 000 tonnes par an de cyanure de sodium (soit 8,33 tonnes/jour, ou 36 000 tonnes sur les douze années d’extraction prévues). Le produit sera stocké et utilisé au cœur de la forêt amazonienne, sur un bassin versant qui alimente en eau potable une bonne partie de la région, soulignent les ONG.

Celles-ci ont beau jeu de rappeler que l’interdiction du cyanure dans l’industrie minière a été votée par le Parlement européen en 2010. Ou de citer en exemple la récente catastrophe de Tianjin (Chine), le 12 août 2015 : 114 morts et plus de 700 blessés. Le procédé est d’autant plus critiqué que la Montagne d’or se situe en pleine forêt, entre deux réserves biologiques intégrales (Lucifer et Dékou-Dékou).

À ces objections, le ministre François de Rugy a fait une étonnante réponse, affirmant entendre « ce [qui est dit] sur le cyanure mais sans parler du mercure »« Aujourd’hui, a ajouté le ministre, le mercure est utilisé à grande échelle par plusieurs centaines d’exploitants. » L’utilisation du mercure, en particulier par les orpailleurs clandestins présents en Guyane, est un immense problème, dénoncé par les ONG et les peuples autochtones. Cela ne rend pas l’utilisation du cyanure plus propre pour autant.

Outre Gabriel Serville, d’autres députés ont fait entendre leur opposition au projet. Au nom de La France insoumise, Mathilde Panot puis Danièle Obono sont intervenues. Pour la première, il s’agit d’un « projet désastreux »« Ce projet d’un autre siècle doit évidemment être abandonné », a-t-elle ajouté, tandis que sa collègue Danièle Obono demandait « la suspension définitive d’un projet néfaste ».

Intervenant au nom du groupe UDI, Agir et Indépendants, Maïna Sage (Polynésie française) a de son côté rappelé la « responsabilité [des députés] face à l’histoire de la Guyane qui a déjà été exploitée ». Maïna Sage a notamment mentionné la présence en Guyane de la base de tirs de Kourou et ses maigres retombées sur le territoire. « L’avis qui nous intéresse le plus est celui des Guyanais », a-t-elle ajouté, rejointe quelques instants plus tard par la députée Maud Petit (MoDem). Celle-ci, s’adressant au ministre, lui a demandé si un référendum local était envisagé.

Réponse en deux temps du ministre : « Les élus sont pour le projet, on pourrait dire qu’ils sont légitimes. » Puis à propos du référendum local : « S’il se dégage une majorité, considérerait-on que les minorités sont respectées ? »

Devant la mairie de Saint-Laurent-du-Maroni, en juin dernier le maire, Léon Bertrand, et le député local, Lénaïck Adam, sont épinglés pour leur soutien à la CMO. © CG

L’intervention de Lénaïck Adam, l’autre député de Guyane mais lui favorable au projet, a donné une bonne idée de l’avenir de la Guyane défendu par les autorités locales. Agressif, Lenaïck Adam n’a eu de cesse de dénoncer « la démagogie » et « la malhonnêteté intellectuelle » des opposants au projet, leur « militantisme de spectacle ». Affirmant n’être pas un défenseur de la Montagne d’or, Adam a conclu son intervention par ces mots : « Ce que je veux dire ici, c’est défendre le droit de chaque Guyanais d’exploiter les richesses minières de son pays. »

Une position auprès de laquelle celle du ministre de la transition écologique passait pour mesurée. Lors de plusieurs interventions, François de Rugy a en effet défendu la position du gouvernement – et d’Emmanuel Macron, qui a dit début février que le projet n’était « pas au niveau » : en substance, le projet Montagne d’or doit encore faire ses preuves, tant en termes environnementaux qu’en termes économiques.

Il s’agit, selon le ministre, d’une affaire de « conciliation entre l’activité humaine et l’environnement »« En Guyane, on est au coeur de cette contradiction, ce n’est pas facile, il faut en être pleinement conscient », a-t-il ajouté. « Notre responsabilité, c’est de toujours trouver la bonne voie entre l’activité humaine, les activités pour les humains, pour qu’ils gagnent leur vie, qu’ils trouvent du travail, et la protection de l’environnement. Si on ne peut pas concilier les choses, on fera un choix », a-t-il précisé à un autre moment.

« Dans les jours qui viennent, un rapport conjoint d’inspection va être restitué sur l’activité aurifère, ses impacts sur l’environnement, ses retombées économiques », a encore indiqué François de Rugy. Le ministre a annoncé qu’il se rendrait sur place avant la fin du semestre. « Au terme de ce déplacement, je serai amené à prendre position au nom du gouvernement », a-t-il dit.

On verra alors si cette position du gouvernement saura échapper au lobbying intense des promoteurs du projet. En tout début de séance, la députée écologiste Delphine Batho a ainsi demandé un rappel au règlement. La députée, elle-même ancienne ministre de l’écologie, s’est interrogée devant ses collègues sur les sollicitations d’une société de communication qui agissait au nom de la Montagne d’or, à la fin de 2018. Sauf que cette entreprise de communication n’était pas enregistrée sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique à ce moment-là et qu’elle ne l’est toujours pas. Pour Delphine Batho, il s’agit donc d’une « entreprise clandestine de lobbying », contre laquelle elle « souhaite alerter le déontologue de l’Assemblée ».

Lors d’une autre intervention, Delphine Batho a demandé l’avis de François de Rugy sur l’embauche par Columbus Gold, l’entreprise canadienne qui copilote le projet de Montagne d’or, de Pierre Cunéo, son ancien directeur de cabinet (nous en parlions dans cet article). Elle a également demandé au ministre si les porteurs du projet avaient rencontré le cabinet du ministre ou son administration. Ce qu’a admis le ministre.

En creux du débat est aussi revenue la question de la réforme du code minier, serpent de mer depuis de nombreuses années, et de sa version amoindrie, le concept de « mine responsable ». Lancé en 2015, le projet visait à mettre en place un livre blanc. Quand Emmanuel Macron, président de la République, s’est rendu en Guyane en 2017, il a réaffirmé son soutien à la Montagne d’or, car celle-ci respecterait ce concept. Or, le projet de livre blanc a fait long feu.

Interrogé par Mediapart en juin dernier, le service presse du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), service géologique national français, reconnaît que « le livre blanc n’a, en effet, pas été publié. Il est actuellement en attente du côté du ministère et n’existe donc pas en tant que tel »« Toutefois, un référentiel technique a été rendu public sur le site mineralinfo, collection “les mines en France” », ajoute le BRGM.

François de Rugy a reconnu le « caractère obsolète du code minier, héritage avec lequel on travaille aujourd’hui », indiquant qu’il souhaitait réformer ce code en « repartant de zéro ». D’ici là, le projet de Montagne d’or devrait ou bien être sorti de terre, ou bien tomber dans les limbes, selon le choix du gouvernement. Ce qui est sûr, comme l’a déclaré François de Rugy à l’Assemblée, « on ne fera pas de ce projet un projet exemplaire tel qu’il est parti »

Et ça continu !

Affaire Benalla : Ismaël Emelien, dans le viseur des enquêteurs ?

Le proche conseiller d’Emmanuel Macron aurait pu réceptionner la vidéo des violences du 1er Mai après les premières révélations du « Monde », rapporte « L’Obs ».

Par LePoint.fr

Publié le 31/12/2018 à 18:11 | Le Point.fr

Ismael Emelien fait partie des collaborateurs de l'ombre du president de la Republique.

 

  1. Ismaël Emelien fait partie des collaborateurs de l’ombre du président de la République.
  2. © lodie Grgoire pour Le Point

Alors qu’Alexandre Benalla est au cœur d’une nouvelle polémique en raison de passeports diplomatiques toujours en sa possession, l’enquête sur les violences du 1er mai se poursuit. Les enquêteurs se veulent très minutieux et commencent à s’intéresser à un autre personnage de la galaxie Macron, rapporte L’Obs , lundi. Il s’agit d’Ismaël Emelien, très proche conseiller du président de la République, œuvrant souvent dans l’ombre des ors du palais présidentiel. Selon l’hebdomadaire, les policiers en charge de l’enquête cherchent à déterminer le rôle de l’Élysée dans l’affaire Benalla juste après les premières révélations du Monde. C’est dans ce cadre qu’ils s’intéresseraient à Ismaël Emelien qui pourrait, selon eux, avoir obtenu les images de la manifestation du 1er Mai montrant les violences contre les CRS dès la nuit qui a suivi les révélations du quotidien.

Selon les enquêteurs, dans la soirée du 18 au 19 juillet, Alexandre Benalla a échangé avec six individus dont les numéros de téléphone portable sont attribués à la présidence de la République, rapporte L’Obs. Et de ces six numéros, le principal interlocuteur de l’ancien chargé de mission semblait être Ismaël Emelien. Parmi ses autres correspondants, on trouve : Sibeth Ndiaye, la chargée des relations presse du palais présidentiel, François-Xavier Lauch, le chef de cabinet d’Emmanuel Macron et le général Éric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République.

Cette nuit-là, Alexandre Benalla a également pu récupérer des images de la manifestation du 1er Mai place de la Contrescarpe, à Paris. Elles lui ont été remises par des policiers de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC). Or, ce sont ces images mêmes qui ont été diffusées cette même nuit du 18 au 19 juillet, sur les réseaux sociaux, alors qu’elles n’appartiennent pas au domaine public. Sur Twitter, c’est un compte proche de La République en marche qui a diffusé la vidéo, relève L’Obs. Les enquêteurs cherchent donc à savoir comment ces images ont pu être diffusées et ont donc reconstitué l’emploi du temps d’Alexandre Benalla.

Des déclarations incohérentes

Devant les policiers ainsi que la commission d’enquête du Sénat, l’ancien chargé de mission a affirmé à plusieurs reprises qu’il était rentré chez lui après avoir obtenu ces images, images qu’il dit avoir transmises à l’Élysée le lendemain matin, à 8 heures 30, rappelle l’hebdomadaire. Le nom d’Ismaël Emelien est alors cité à plusieurs reprises. Or, les enquêteurs ont relevé une incohérence dans les affirmations d’Alexandre Benalla : le 19 juillet à 8 h 30, la géolocalisation de son téléphone montre qu’il était encore chez lui et non au palais présidentiel. Mais selon l’enquête, lorsque les policiers de la DOPC, ayant remis à l’ancien chargé de mission les images du 1er mai, ont souhaité récupérer le disque sur lequel elles étaient stockées, il leur a assuré que cela lui était impossible, car le disque avait été transmis à l’Élysée, rapporte L’Obs. Conclusion des enquêteurs : les images ont été transmises au palais présidentiel pendant la nuit. L’individu les ayant réceptionnées s’en serait alors servi sur les réseaux sociaux.

Selon les informations de l’hebdomadaire, les enquêteurs estiment qu’Ismaël Emelien est «  le plus en capacité d’avoir pu réceptionner durant la nuit le CD  ». Leurs preuves ? Le conseiller du président a échangé des messages avec Alexandre Benalla jusqu’à 2 h 30 la nuit du 18 au 19 juillet, puis à nouveau dès 5 heures du matin ; et son téléphone portable a été localisé à l’intérieur du palais présidentiel jusqu’à 2 h 30 du matin. Pour l’instant, Ismaël Emelien n’a pas été entendu par les enquêteurs. Auprès de L’Obs, il se contente d’affirmer qu’il «  [réserve] naturellement l’ensemble de [ses] déclarations à la justice  ».

La bande à Mac à ronds se révèle petit à petit ! Et les rats quittent le navire

POLITIQUE

08/02/2019 Actualisé 09/02/2019

Ismaël Emelien, un discret conseiller de Macron poussé de l’ombre vers la lumière

De l’affaire Benalla à la crise politique au Venezuela, le conseiller spécial d’Emmanuel Macron est de plus en plus exposé.

 

Par Nabil Touati

POLITIQUE – Un conseiller très spécial. Présenté comme “la tête pensante” de la Macronie, il a suivi le ministre de l’Economie de François Hollande de Bercy jusqu’à son accession à l’Élysée, en passant évidemment par la création de son parti, En Marche!. Fuyant les apparitions médiatiques, une photo instagrammée de son récent mariage a même été subitement supprimée, son nom revient pourtant régulièrement dans l’actualité depuis quelques mois.

À presque 32 ans, Ismaël Emelien se passerait volontiers d’une publicité plus subie que choisie. Seulement voilà, de l’affaire Benalla à la crise politique au Venezuela, le conseiller spécial d’Emmanuel Macron passe un peu plus chaque jour de l’ombre à la lumière, comme le montre notre montage vidéo.

Ismaël Emelien et le Venezuela

Sans le nommer, Jean-Luc Mélenchon n’a pas raté l’occasion de rappeler le rôle joué par le conseiller élyséen pendant la campagne électorale vénézuélienne de 2013, à la sortie de son entretien avec le chef de l’État ce mercredi 6 février. “Je ne sais pas si je l’ai convaincu mais [Emmanuel Macron] a des collaborateurs qui connaissent bien la situation au Venezuela, pour certains mieux que moi, parce qu’ils ont participé à une campagne électorale. Et pas moi”, a rappelé le chef des Insoumis.

Missionné par l’agence de com’ Euro-RSCG, Ismaël Emelien a en effet prodigué ses précieux conseils à Nicolas Maduro, le vainqueur de la présidentielle dont la diplomatie française ne reconnait plus aujourd’hui la légitimité. “S’il y a une dictature au Venezuela, l’homme qui l’a mise en place s’appelle Ismaël Emelien”, ironisait déjà en août 2017 le député LFI, Alexis Corbière sur Radio Classique.

Mais c’est davantage l’affaire Benella qui pourrait embarrasser le jeune conseiller. Les enquêteurs cherchent à comprendre comment des images de vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe à Paris, aimablement fournies par des policiers à Alexandre Benella, ont été diffusées par des comptes Twitter proches du pouvoir, après avoir transité par l’Élysée. La présidence de la République a reconnu qu‘Ismaël Émelien a bien été en possession des images incriminées, tout en assurant que ce dernier ignorait leur provenance avant de les transmettre à la justice.

L’enregistrement publié fin janvier par Mediapart d’une conversation, tenue dans un cercle privé, entre Alexandre Benalla et son acolyte Vincent Crase laisse entendre une proximité avec Ismaël Emelien. L’ancien garde du corps d’Emmanuel Macron se vantait, fin juillet 2018, du soutien de président de la République et de celui de son épouse, Brigitte. Il disait aussi pouvoir compter sur l’appui d’Ismaël Emelien qui “me conseille sur les médias et compagnie”, affirmait-il alors, en pleine réflexion sur l’opportunité d’accepter l’invitation du 20 heures de TF1. Deux jours après, c’était chose faite. Alexandre Benalla enregistrait l’interview… sur les conseils du stratège élyséen, Ismaël Emelien ?

Loi “alimentation” :

Bravo à la loi “alimentation”. Tout ça sans contrepartie des grandes surfaces à mieux payer les agriculteurs. –> Article du “Parisien”.   

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